Cannes: Le Sud-Coréen Hong Sang-soo n'imagine pas un financement par Netflix
Le réalisateur sud-coréen Hong Sang-soo veut garder "une liberté totale" dans son travail et n'imagine pas un financement par le géant américain Netflix, comme l'a fait son compatriote Bong Joon-ho, lui aussi en lice pour la Palme d'or à Cannes.
"Je veux avoir une liberté totale avec ma propre société (....) J'ai besoin d'être libre de toute pression financière", a-t-il déclaré dimanche à l'AFP, à la veille de la projection de son film "Le jour d'après" en compétition officielle.
"Je pense que c'est loin de ma façon de travailler.. Vous devez parler, négocier avec eux", a ajouté celui qui passe pour le Rohmer coréen avec ses films en forme de contes.
Avant de présenter son dernier opus en compétition, le cinéaste a dévoilé dimanche un petit film d'un peu plus d'une heure tourné en une semaine à Cannes pendant le Festival 2016 avec les stars française Isabelle Huppert et coréenne Kim-Min-hee ("Mademoiselle").
"La caméra de Claire" est l'histoire d'une jeune coréenne qui se trouve à Cannes avec l'équipe d'un réalisateur connu et qui est brusquement licenciée sans motif.
On apprendra que c'est le réalisateur, un alcoolique avec lequel elle a eu une aventure, qui a exigé ce renvoi. Claire, interprétée par Isabelle Huppert, venue "pour la première fois à Cannes" (rires dans la salle), va croiser par hasard (est-ce vraiment du hasard ?), les protagonistes de cette histoire.
Elle a pour manie de faire des photos instantanées de tous les personnages qu'elle rencontre car "la seule façon de changer les choses, c'est de les regarder à nouveau très longtemps".
"On a toujours besoin de contempler les choses pour avoir une vision plus vaste", renchérit l'actrice sud-coréenne à propos de ce petit film sujet à de nombreuses interprétations et qui peut laisser perplexe.