Recep Tayyip Erdogan instaure 3 mois d'état d'urgence en Turquie après le coup d'Etat manqué
"Notre conseil des ministres a décidé de l'instauration de l'état d'urgence pour une durée de trois mois", a annoncé le chef de l'Etat lors d'une conférence de presse. Cela était "nécessaire pour éradiquer rapidement tous les éléments de l'organisation terroriste impliquée dans la tentative de coup d'Etat", a-t-il dit en référence aux réseaux du prédicateur Fethullah Gülen, sa bête noire, qu'il a accusé d'avoir été l'instigateur du putsch. Ce dernier, depuis son exil aux Etats-Unis, a formellement démenti toute implication.
Le président Erdogan s'est engagé à ne faire "aucun compromis" sur la démocratie, alors que son régime est sous le feu des critiques à l'étranger sur l'étendue des purges déclenchées après la tentative de putsch qui ont déjà touché 55.000 Turcs et préoccupent également la population.
"Nous n'avons jamais fait aucun compromis sur la démocratie, et nous n'en ferons jamais", a assuré Erdogan lors de son discours à Ankara. L'état d'urgence "n'est absolument pas contre la démocratie, la loi et les libertés" mais "c'est tout le contraire: (il) vise à protéger et renforcer ces valeurs", a-t-il ajouté.
"D'autres pays pourraient être impliqués"
L'état d'urgence permet notamment de décréter le couvre-feu, de restreindre le droit de manifester ou la liberté de circulation dans certains secteurs identifiés.
Sans les citer, le président turc s'est dit convaincu que "d'autres pays pourraient être impliqués" dans ce putsch qui "n'est peut-être pas fini". Steffen Seibert, le porte-parole de la chancelière allemande Angela Merkel, a déploré que "presque quotidiennement, de nouvelles mesures (soient) prises qui sont contraires à un mode d'action respectant l'Etat de droit".
Cette mise en garde fait écho à celle formulée dès dimanche par le chef de la diplomatie française Jean-Marc Ayrault, à qui le président turc a demandé mercredi de "se mêler de ses affaires". Erdogan a toutefois reçu le soutien du secrétaire d'Etat américain John Kerry, qui a refusé de "commenter" les purges opérées par Ankara.
Un nouveau bilan officiel des événements sanglants du putsch fait état de 312 morts, dont 145 civils, 60 policiers et trois soldats. 104 rebelles ont été tués.
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