Brésil: le juge dessaisi de l'enquête sur Lula
Le 16 mars, la nomination de Lula au gouvernement, comme chef de cabinet (quasi Premier ministre) de Dilma Rousseff, avait suscité une vive controverse dans la mesure où son statut de ministre lui faisait échapper à la menace d'un placement en détention par le juge Moro. Le juge Moro avait, le jour même, rendu publique une conversation renforçant ces soupçons : la présidente Rousseff y informait Lula qu'elle lui faisait parvenir rapidement son décret de nomination "en cas de nécessité". Les ministres et parlementaires brésiliens jouissent en effet d'une immunité particulière et ne peuvent répondre pénalement de leurs actes que devant le STF.
La nomination de Lula a depuis été paralysée provisoirement par un magistrat du STF qui a jugé qu'elle pouvait constituer une manoeuvre illégitime visant à le soustraire à la justice commune.
La haute juridiction doit trancher ce litige la semaine prochaine lors d'une nouvelle séance plénière. La présidente Dilma Rousseff, visée par une procédure parlementaire de destitution, s'était vivement insurgée contre la divulgation de sa conversation avec Lula, dénonçant une atteinte intolérable à ses prérogatives constitutionnelles. Le juge Moro a présenté mardi une demande d'excuses au STF pour avoir divulgué cette écoute. Il a regretté "la controverse" et "les polémiques et malentendus inutiles" provoqués par sa décision.
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