Dîner du Crif: les juifs ont le sentiment d'être «des citoyens de 2e zone» (Cukierman)
"Dans le pays qui a accordé la pleine citoyenneté aux juifs dès 1791, quand pourrons-nous, à nouveau, vivre sans crainte notre judéité ?", a martelé Roger Cukierman. Après avoir affirmé plus tôt dans la journée que dans de "très nombreuses écoles", les enfants juifs sont "battus, insultés parce que juifs", Roger Cukierman a lancé lors du dîner, son dernier en tant que président du Crif: "Quand verrons-nous des propositions révolutionnaires pour que l'école publique redevienne l'école de tous les Français ?"
Dénonçant "des messages haineux en hausse exponentielle" sur internet, le dirigeant juif a jugé que des "règles nouvelles" devaient être "imposées à Facebook, Twitter et Google pour freiner cette évolution". "L'état d'urgence doit aussi s'appliquer sur internet", a lancé Roger Cukierman à Manuel Valls, en soulignant que Pharos, la plateforme gouvernementale de lutte contre la cybercriminalité, "devrait disposer de plusieurs centaines d'employés au lieu de quelques dizaines, seulement, aujourd'hui".
Le 31e dîner du Crif a réuni "plus de 850 personnes" dans un hôtel parisien, avec un impressionnant parterre de personnalités politiques, diplomatiques, religieuses... En l'absence du président François Hollande, retenu à Bruxelles par la prolongation d'un sommet extraordinaire UE-Turquie sur la crise des migrants, c'est le premier ministre Manuel Valls qui a répondu, dans un discours élaboré par le chef de l'Etat et complété par ses soins, à Roger Cukierman.
Parmi les convives figuraient au moins une demi-douzaine de membres du gouvernement, dont Bernard Cazeneuve (Intérieur), Jean-Jacques Urvoas (Justice), Jean-Yves Le Drian (Défense) et Jean-Vincent Placé (Réforme de l'Etat), ainsi que les présidents des deux chambres du Parlement, Claude Bartolone et Gérard Larcher, la maire de Paris Anne Hidalgo et le procureur de la République François Molins. La plupart des prétendants à la primaire de la droite avaient fait le déplacement: Alain Juppé, François Fillon, Bruno Le Maire, Jean-François Copé et Nathalie Kociusko-Morizet. Le président des Républicains Nicolas Sarkozy est parti avant le début des discours.
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