Etat d'urgence: une prolongation "de quelques mois" serait "utile et légitime", estime Schwartzenberg (PRG)
Le chef de file des députés radicaux de gauche, Roger-Gérard Schwartzenberg, a jugé jeudi, après une réunion au ministère de l'Intérieur, qu'une prolongation "de quelques mois" de l'état d'urgence serait "utile et légitime" vu le niveau toujours "élevé" de la menace terroriste.
Après une réunion sur l'application de l'état d'urgence, jeudi matin, entre Bernard Cazeneuve et les présidents des groupes parlementaires de l?Assemblée et du Sénat, M. Schwartzenberg a affirmé, dans un communiqué, que "les informations données indiquent une menace terroriste demeurant à un niveau élevé".
"Face au risque persistant d?attentats et afin de veiller à la sécurité de nos concitoyens, l?État ne peut baisser la garde. La prolongation de l?état d?urgence apparaît nécessaire pour prévenir les risques d?attentats, tout en agissant dans le respect du droit et des libertés publiques", a estimé ce député du Val-de-Marne et ancien ministre.
Observant que, lors des précédents recours à l?état d?urgence, l?application de ce régime d'exception a "généralement excédé trois mois", voire "atteint deux ans, d?avril 1961 à mai 1963, après le putsch des généraux d?Alger, ce qui était évidemment excessif", cet ancien professeur de droit a plaidé que, "dans les circonstances actuelles de péril, prolonger de quelques mois la mise en oeuvre de l?état d?urgence serait utile et légitime".
Lors du débat à l'Assemblée sur la première prolongation de l'état d'urgence pour trois mois, au-delà des douze jours initiaux post-attentats du 13 novembre, M. Schwartzenberg avait jugé "bonne" la durée de trois mois, mais ajouté que, "compte tenu de l?ampleur des risques, il eût été préférable de la porter à six mois".
Il avait appuyé son propos en observant que "l?article 3 (de la loi) permet au gouvernement de décréter qu?il peut être mis fin plus tôt à l?application de l?état d?urgence si cela est nécessaire".