La provocation algérienne qui pourrait réveiller Messi
Le 16 juin prochain, à Kansas City, l’Algérie ouvrira sa Coupe du monde contre l’Argentine championne du monde en titre. Un choc d’entrée qui fait rêver les supporters, qui voit certains tracer des parallèles avec l’exploit de 1982 contre la RFA, et qui passionne déjà les médias algériens. Mais dans ce concert d’enthousiasme, une sortie d’un ancien international a particulièrement retenu l’attention, non pas pour ce qu’elle dit de l’Algérie, mais pour ce qu’elle dit de Messi.
L’Algérie sous-estime Messi avant le Mondial : une erreur qui pourrait coûter cher
Sur la chaîne ALG24, Khaled Lemmouchia, ancien international algérien, a été clair : « Non, pas besoin de plan anti-Messi. Bien sûr qu’il sera surveillé, mais il y a d’autres joueurs autour. » L’ancien joueur reconnaît que Messi peut encore faire des différences sur coups de génie, mais estime que le vrai danger vient du collectif argentin, et notamment de Julián Álvarez. Plus surprenant encore : il affirme avoir « davantage peur de la Jordanie et de l’Autriche que de l’Argentine » pour ce premier tour du Mondial. Une opinion qui a de quoi faire tiquer.
On ne titille pas impunément la bête. Messi aura 39 ans une dizaine de jours après ce match, certes. Moins explosif, moins percutant qu’avant. Mais sa vision du jeu, son intelligence footballistique et sa capacité à décider d’un match sur un geste unique restent intacts. Et surtout, rien de tel qu’un adversaire qui sous-estime pour réveiller un champion du monde. L’Arabie Saoudite avait battu l’Argentine en 2022 : mais ce genre de miracle ne se produit pas à la demande, et les Saoudiens n’avaient pas annoncé dans les médias qu’ils n’avaient pas besoin de plan anti-Messi.
Un peu d’humilité s’impose
L’Algérie a les moyens de créer la surprise. Le groupe J est accessible, Petkovic a construit une équipe solide et qualifiée directement pour le Mondial. Mais les Fennecs n’ont pas passé le cap des quarts de finale lors de la dernière CAN, éliminés par le Nigeria. Avant de minimiser une sélection championne du monde, il serait sage de soigner ses propres bases. Le parallèle avec 1982, aussi séduisant soit-il, ne fait pas gagner des matchs. Et Scaloni, comme le reconnaît Lemmouchia lui-même, « est l’architecte d’une équipe bien construite autour de Messi ».
Ces propos sont ceux d’un observateur, pas d’un joueur ni du sélectionneur. Mais s’ils reflètent l’état d’esprit général, l’Algérie ferait mieux de regarder qui se trouve en face avant de se rassurer trop vite. Kansas City peut être une belle fête ou un brutal réveil.