L’amateurisme économique du RN continue d’indisposer les chefs d’entreprise
L’offensive de charme de Jordan Bardella envers les grands et les moins grands patrons masque mal l’indigence et surtout l’incohérence du programme économique du RN.
Le dernier numéro du magazine Challenges (19 février 2026) consacre sa une au Rassemblement National et celle-ci n’est guère élogieuse : « Les patrons n’en veulent (toujours) pas. Pourquoi le programme du RN fait peur ».
Un premier article constate que la tentative de flirt de Jordan Bardella auprès des grands patrons tombe à plat. Une « figure du Medef » déclare que les prétendus échanges avec les chefs d’entreprise les plus importants sont « une manière pour le RN de se banaliser et de pallier leur manque de crédibilité économique »… Le « conseiller d’un patron » confie que dès que le Président du RN « sort de ses fiches, il est perdu ». L’économiste Olivier Babeau affirme que « ce qui inquiète profondément le patronat, c’est l’incohérence du RN ».
Rappelons que tant le Medef que la CPME avaient indistinctement qualifié les programmes du RN et du Nouveau Front Populaire pour les élections législatives de 2024 de « dangereux pour l’économie, la croissance et l’emploi ». Jordan Bardella a bien essayé de gommer le caractère « socialiste », dixit Eric Zemmour, du programme économique et social de Marine Le Pen, mais les chefs d’entreprise ne semblent guère convaincus par l’épaisseur doctrinale du Président du RN et la plupart d’entre eux doutent qu’il puisse se transformer en Giorgia Meloni français.
Un autre article de Challenges sur le même sujet pointe « trois mesures repoussoirs pour les milieux d’affaires ». Après avoir souligné que les députés RN avaient voté rien moins que 34 milliards d’euros de hausses d’impôt lors des débats budgétaires, en contradiction avec la ligne officielle, sans parler du vote en faveur de la transformation de l’Impôt forfaitaire immobilier en impôt sur la fortune « improductive (sic) » heureusement abandonné par la suite, le RN continue de soutenir « un impôt sur la fortune financière dangereux pour les entreprises familiales », « une taxe sur les rachats d’actions la plus lourde du monde » et « une réforme des retraites qui se chiffre à plus de 50 milliards ». Des mesures, suivant les cas, absurdes, contreproductives, contraires à la réglementation européenne ou encore -un comble – susceptibles de favoriser le rachat par des entreprises étrangères !
C’est que le RN se trouve toujours soumis aux convictions très « sociales » de Marine Le Pen et à la sociologie de son électorat dit populaire, dont une partie votait jadis ou naguère pour la gauche et l’extrême gauche. A défaut de convictions, il fui faudra faire preuve de beaucoup de réalisme s’il entend convaincre les chefs d’entreprise…
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