Forum National du CRAFS sur le foncier : l’État du Sénégal s’engage pour la sécurisation foncière des paysans
De l’avis du secrétaire d’État, Alpha Ba, on ne peut pas parler de la gouvernance du foncier sur la souveraineté alimentaire sans pour autant évoquer la sécurisation du foncier pour les paysans. À titre illustratif, pour le Sénégal, 90 % de l'exploitation de la production agricole est assurée par des exploitations familiales. Du coup, il est impossible de parler de la souveraineté alimentaire d’autant plus que leurs outils de base sont le foncier. D’où l’importance capitale que leurs outils de ressources de base soient sécurisés. C’est ce qui justifie cette rencontre d’échanges qui est une opportunité pour discuter et réfléchir afin de prendre en compte leurs propositions pour trouver un consensus avec les orientations politiques de l'État. Ce consensus permettra d’aller vers une réforme foncière parce que le foncier au Sénégal est géré par la loi du domaine national qui date de 1964. Certes dans cette loi, il y a des aspects positifs mais il y a des aspects qui, dit-il, méritent d’être interrogés. Et, « cela est d'autant plus nécessaire que le gouvernement qui était là avait initié des réflexions qui avaient abouti à la production d'un document de politique foncière. Et, pour nous c'est de voir en collaboration avec les organisations comment sortir ce document-là s'il y a lieu de l'actualiser, on l'actualise et s’il est à jour qu'on part de ce document là pour discuter avec tout le monde pour aller vers une réforme foncière et une législation foncière. Parce que nous savons tous, s’il y a une chose sur lesquelles aussi bien l'État que les organisations de la société civile que les producteurs sont tombés d’accord, c’est d’aller vers une réforme foncière inclusif, transparente et qui s'inscrit dans la durabilité et la gestion durable des ressources », renseigne-t-il.
S’agissant du conseil d'orientation agro-pastoral, il est prévu qu’un conseil soit tenu entre le président de la République et les organisations (paysans, éleveurs, pécheurs) dans le but de recevoir leurs doléances, de discuter des orientations de l’Etat. À ce sujet, il fait savoir que c’est une recommandation paysanne et de la société civile. D’ailleurs, la loi d'orientation agro-sylvo-pastorale a été promulguée en 2022. À ce propos, il rappelle que l'une des premières décisions du président manifeste, c’est que, ce conseil puisse se tenir dans les plus brefs délais. Nous sommes en train présentement de travailler avec toutes les organisations de la société civile pour aller vers la révision de la loi agro sylvo pastorale qui constitue le cadre normatif de base et de tout ce qui doit se faire dans le milieu rural.
Mme Ndiouck, membre de l’Alliance Nationale Femmes et Foncier du Sénégal s’est réjouie de participer à ce forum National organisé par le CRAFS. Cet événement est pour elle l’occasion de discuter des enjeux fonciers du pays qui est en quête d’une souveraineté alimentaire à travers une meilleure gouvernance foncière. Cette dernière a plaidé pour l’accès des femmes à la terre du fait qu’elles sont utilisatrices de la terre, pilier du développement agricole. Mais la seule difficulté, c’est qu’elles n’ont pas un accès sécurisé au foncier. Bien que les situations soient variées, les femmes ont majoritairement des droits restreints et provisoires. Cependant, des organisations non gouvernementales tentent d’apporter des solutions. Ces femmes rurales développent d’autres activités à partir de la production agricole, de la cueillette, de l’élevage de la pêche etc…
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