La femme à l’honneur au musée Douët de Saint-Flour
Il ne faut pas voir dans ce thème un choix politique. « Nous n’avons pas cherché à rentrer dans les polémiques, prévenait Christian Garcelon, chargé des collections du musée Douët, à l’occasion du vernissage. Mais à
rendre un hommage aux femmes, à apprécier leur place dans l’histoire de l’art, à travers des pièces que nous avions dans les collections du musée et que nous souhaitions ainsi remettre en valeur, ou d’autres qui nous ont été prêtées par le musée de la Haute-Auvergne.
MillénaireIl en résulte cette exposition temporaire, Bonjour Madame. Où l’on visite certainement plusieurs millénaires d’art. Certainement car « rien ne nous prouve que cette figurine d’Isis allaitant Aurus, préfigurant les vierges à l’enfant, est un original. Mais tout laisse à penser que c’est le cas. »
Les autres œuvres étant plus locales, elles renseignent sur la condition féminine au cours des siècles dans le Cantal. Dans sa dimension pieuse, d’abord, « car longtemps, il a été de bon ton dans les bonnes familles d’avoir des religieuses. » Dans sa dimension plus coquette, ensuite, via une série de portraits réalisés par Edouard Onslow. « On est alors, à la fin du XVIII, à une période où l’aristocratie a disparu, et où la bourgeoisie reprend ses codes. Il est alors à la mode de faire portraitiser, en peinture, quand bien même la photographie existe déjà. À l’image de cette riche famille paysanne de la Margeride, qui avait assez prospéré pour vivre à Saint-Flour, et commander une série de portraits. »
Un hommage particulierPlus loin, sous le pinceau cru de Fonfreide, on voit aussi des femmes laborieuses, « avec toujours ce regard malicieux, qui est sa signature. »
Cet hommage en général est aussi assorti d’un plus particulier à Marie Douët. « La première épouse d’Alfred, qui est restée dans l’ombre. Une femme admirable, qui consacra des années de sa vie à soigner les blessés de la grande guerre, avant d’être frappée par la tuberculose, encore jeune, comme leurs deux fils plus tard. » Au-delà de cet hommage, l'exposition permet de découvrir qu’avant d’habiter dans ce qui allait devenir le seul musée appartenant à une entreprise privée de France, ils avaient élu domicile au château des Ternes.
Yann Bayssat