Les jeunes femmes avaient été menacées au couteau dans la rue à Clermont-Ferrand
Les premiers faits datent du 9 octobre dernier. Il est 19 heures, ce jour-là, lorsque le prévenu, âgé de 30 ans, se rend à la foire aux pancettes de Gerzat. Arrivé à la buvette, on refuse de le servir. Il a déjà largement consommé. "Oui, j’étais alcoolisé, je suis presque alcoolique. Je me suis embrouillé avec un vigile." Il lui jette une barrière de sécurité et lui lance une insulte raciste. L’homme ne portera pas plainte.
"On se fait embarquer pour un oui ou pour un non"Les policiers municipaux en prennent à leur tour pour leur grade. Insultes, menaces de mort. Ce que réfute le trentenaire. "Je les ai pas insultés. Depuis que je me suis fait attraper pour 600 pieds de beuh, c’est même passé dans le journal, on se fait embarquer pour un oui ou pour un non et on se retrouve devant vous."
Gino Helfrid est jugé pour un second dossier, datant du 27 mars. Il avait bu, encore. Du vin et du whisky. Devant la librairie des Volcans, il aperçoit deux jeunes femmes assises sur un banc. Il les accoste sans préambule et leur propose d’aller boire un verre. Elles refusent, il s’emporte. Puis projette l’une d’elles à terre avant de sortir un couteau et de débiter des insultes homophobes. Un témoin, qui tente de s’interposer, reçoit des coups. "Je suis un manouche, je vais vous retrouver, je suis un vrai homme?!", menace-t-il encore les jeunes femmes.
Ces dernières se réfugient dans un bar à proximité, poursuivies par le prévenu brandissant toujours son arme blanche. Il faudra plusieurs personnes pour empêcher le Puydômois d’entrer dans l’établissement.
Durant l’audience, le prévenu s’emporte. Crescendo. "Je suis un sale gitan?! C’est pour ça que je parle comme ça?!" Le tribunal, ne parvenant pas à le calmer, finit par l’expulser. Il ne suivra pas la suite des débats.
L’alcool est au cœur de la problématique de vie du jeune homme, qui a déjà passé onze ans en prison. Son casier comporte vingt-sept mentions, principalement pour des faits de violences. "Que faire de lui?? Quand on lui fait confiance et qu’on l’accompagne au niveau médical, on arrive à en faire quelque chose. Il est capable de travailler", indique son avocate, Me Laure Vaillant.
Gino Helfrid est condamné à vingt-quatre mois de prison, dont six avec sursis probatoire.
Julien Moreau