Urdapilleta, Kremer, Lavanini, Delguy... l'ASM Clermont à la sauce argentine
Imaginons un instant qu’Olivier Bianchi, le maire de Clermont-Ferrand, ait en tête de jumeler la capitale auvergnate avec une ville argentine. Pour l’heure, cela relève de la pure science-fiction. Mais si l’idée venait à germer dans l’esprit de l’édile, il trouverait en tout cas de solides ambassadeurs dans les mois prochains du côté du stade Michelin. Avec les arrivées des Pumas Benjamin Urdapilleta (Castres) et Marcos Kremer (Stade Français), l’ASM va en effet abriter une solide colonie sud-américaine puisque les deux internationaux rejoindront leurs compatriotes Tomas Lavanini et Bautista Delguy. Pour ces hommes-là, retrouver des coéquipiers partageant les mêmes codes et les mêmes coutumes, cela compte forcément.
Lorsque Benjamin Urdapilleta a pris la décision de quitter Castres pour l’Auvergne, l’argument avait beaucoup pesé dans la balance, comme nous l'avouait l'ouvreur au moment de sa signature :
« Je suis très content de pouvoir évoluer avec eux la saison prochaine. Ce sont non seulement de très bons joueurs mais en plus ce sont de très bons mecs. Ils m’ont dit eux aussi qu’ils étaient contents que je vienne. J’espère que c’est la vérité. »
Une même culture favorisant une meilleure intégrationQue l’ouvreur se rassure, ses compatriotes ne lui ont pas menti. Pour les Argentins, pouvoir se rassembler au sein d’un même club les aide dans leur quotidien de joueur. Le fait de posséder la même culture leur permet de mieux s’intégrer à leur environnement. Cela constitue un point d’ancrage lorsque l’on est souvent déraciné. Lorsque Bautista Delguy est arrivé en Auvergne l’été dernier, l’ailier a été aidé par Tomas Lavanini pour effectuer ses premiers pas à Clermont-Ferrand.
« Le fait que nous soyons quatre Argentins la saison prochaine, c’est très important pour moi en dehors des terrains. Dans notre pays, on partage beaucoup de choses entre nous. C’est la coutume. En France on peut vite se retrouver tout seul… Quand je suis arrivé à Clermont-Ferrand, j’ai dormi chez Tomas (Lavanini), car je n’avais toujours pas mon appartement. Il a eu un rôle essentiel car il m’a montré tout le staff et m’a présenté à tous les mecs. »
Le solide deuxième ligne constitue un pionnier pour ses coéquipiers argentins. On le sait, Tomas Lavanini possède un très fort lien d’amitié avec le futur Clermontois Marcos Kremer. Son arrivée fut un plus dans sa prolongation de contrat. C’est même une question d’équilibre familial.
« Quand Marcos m’a annoncé qu’il allait venir ici, j’étais encore plus heureux de rester en Auvergne. »
« C’est un super ami et cela fait six ans que l’on se côtoie chez les Pumas. La cerise sur le gâteau fut l’annonce concernant Benjamin Urdapilleta. Pour nos familles respectives, c’est bien mieux car cela procure des repères. Dans mes clubs respectifs, à chaque fois que j’étais avec des Argentins, je me sentais beaucoup mieux. »
Asados et empanadasDès cet été et avant un départ pour la Coupe du monde pour ceux qui seront retenus dans le groupe des Pumas, tout ce petit monde risque de se retrouver autour d’un traditionnel « asado », le fameux barbecue argentin impondérable de la culture du pays. Bautista Delguy, Marcos Kremer et Benjamin Urdapilleta sont prévenus, c’est Tomas Lavanini qui sera derrière les fourneaux. « C’est moi le chef ! (rires) Je sais très bien cuisiner les empanadas (chaussons farcis à la viande). Mais c’est très difficile car les mecs en mangent 10 ou 20 chacun ! (rires). » Tomas Lavanini va devoir doubler les doses dans quelques semaines. Mais cela n’est visiblement pas pour lui déplaire.
Arnaud Clergue