Les coups de feu tirés dans le quartier de La Gauthière, à Clermont-Ferrand, n'ont pas perturbé le jeune dealer...
Les deux séries de coups de feu ayant blessé plusieurs jeunes gens, le 11, puis le 14 janvier, dans le quartier de La Gauthière, à Clermont-Ferrand, n’ont visiblement pas eu beaucoup d’impact sur ce jeune homme âgé de tout juste 18 ans...
Habitué à dealer dans le secteur de la rue de la Grande Combaude (précisément là où les tirs ont retenti il y a tout juste quelques jours), il y avait déjà été interpellé, le 7 décembre dernier, à 4 h 15 du matin.
Il se trouvait alors à bord d’une Ford Fiesta volée et se trouvait en possession de 730 euros, dont il n’avait pu justifier la provenance, étant sans emploi, ni activité.
La perquisition effectuée dans la foulée au domicile de ses parents, où il réside toujours, avait ensuite permis aux policiers de découvrir, cachés dans deux coffres-forts, 200 euros supplémentaires, ainsi qu’une arme de poing tirant des munitions à blanc.
Interpellé sur le point de deal trois jours après les derniers coups de feuDeuxième manche, le 17 janvier, vers 3 h 30. Alors que deux jeunes gens ont été atteints par des tirs à peine trois jours plus tôt, pile à cet endroit, le prévenu est de nouveau interpellé rue de la Grande Combaude. Comme si de rien n’était...
Il attend cette fois les consommateurs installés dans une Citroën Xsara et les policiers découvrent sur lui 385 euros en liquide et deux petits sachets de cocaïne.
Puis re-perquisition au domicile des parents. Cette fois, les policiers dénichent soixante-quatorze petits sachets d’héroïne. Le père du jeune homme jure alors ses grands dieux que c’est lui qui « les garde pour un ami » et que son fils n’a rien à voir avec ces stupéfiants.
L'histoire de la « nourrice paternelle » n'a pas tenuCette thèse de la « nourrice paternelle », déjà peu crédible, n’a finalement pas résisté bien longtemps à l’audience du tribunal correctionnel, devant lequel le jeune majeur était jugé en comparution immédiate, ce vendredi.
Le père, présent dans la salle, a fini par admettre, « car personne n'est dupe », que les fameux sachets appartenaient bel et bien à son fils (*)...
« Dans ce dossier, a ensuite insisté le procureur de la République, Géraud de Vallavieille, il est question de santé publique, mais aussi de sécurité publique. Et on peut aussi s’interroger sur l’avenir de ce jeune homme, déjà condamné par la justice des mineurs et qui ne montre le signe d’aucun amendement, ni d’aucune volonté d’insertion ». Il a requis douze mois de prison, dont quatre assortis d’un sursis probatoire pendant deux ans.
En défense, Me Aliénor Gaume, a plaidé pour une peine « intégralement assortie d’un sursis ».
Le jeune homme a écopé de douze mois de prison, dont huit assortis d’un sursis probatoire pendant deux ans, peine notamment assortie d’une interdiction de paraître dans le quartier de La Gauthière. Il a été maintenu en détention.
Christian Lefèvre
(*) S’étant initialement désigné comme étant le possesseur officiel de cette héroïne, il devra malgré tout s’en expliquer prochainement devant le tribunal.