Un tournoi de babyfoot inter hôpitaux de jour pour sortir les jeunes du "tout hospitalier"
Dans la salle polyvalente de Marzy, les ballons en plastique rebondissent sur les terrains de bois. Les petits hommes en rouge et bleu font des pirouettes. Au bout des barres, les mains des jeunes joueurs s’agitent et transpirent. Et lorsque la balle se faufile dans la cage, les éclats de joie étouffent le murmure des frustrations.
Utiliser le babyfoot comme médiation de soinsPour la première fois, ce mercredi 21 décembre, les hôpitaux de jour Cap’Ados à Nevers, Villa à Moulins-sur-Allier, George-Sand à Bourges et l’hôpital de jour de Châteauneuf-sur-Loire ont organisé un tournoi de babyfoot. Un atelier sociothérapeutique qui utilise le babyfoot comme médiation de soins.
Les jeunes s’agglutinent chaque jour autour du babyfoot de l’unité. L’idée a germé comme ça.
« Les jeunes s’agglutinent chaque jour autour du babyfoot de l’unité. L’idée a germé comme ça », résume Jean-Bernard Lourdin, cadre de l’unité thérapeutique pour adolescents au Centre hospitalier de l’agglomération de Nevers. Aussi, Guilliano Valenti, infirmier et responsable de la section babyfoot de l’ACSL, a mis son expérience des tournois au service de l’organisation de la journée.
Quatre équipes d'une dizaine de joueursUne quarantaine de participants, de 11 à 18 ans, se sont donc réunis autour des babyfoots prêtés par le club, accompagnés d’éducateurs et d’infirmiers. Chacun a défendu les couleurs de son équipe : en rouge les “Fif’ados” de Bourges, en bleu marine les jeunes de Moulins-sur-Allier, en blanc ceux de Châteauneuf-sur-Loire. Au poignet des Neversois, un nœud vert.
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« L’objectif est de sortir les jeunes du tout hospitalier. Ils ont leur place dans la société. C’est une manière de travailler la rencontre, la gestion des émotions. Il y a des jeunes avec des phobies sociales… C’est très bon au niveau thérapeutique », précise Jean-Bernard Lourdin. Une parenthèse dans le parcours de soins pour favoriser l’interaction sociale, consolider les groupes, valoriser la confiance en soi et transmettre les valeurs du sport comme le respect des règles, de l’adversaire ou l’esprit d’équipe.
Une journée de rencontresAprès les phases de poule dans la matinée, tous ont partagé un pique-nique. L’après-midi a été consacré aux phases à éliminations et à la remise des trophées. « Il y a une bonne ambiance. C’est cool de se mélanger avec les autres hôpitaux. On est là pour s’amuser », confie Léa, 14 ans.
Il n’y a pas vraiment de compétition. Les jeunes ont très vite fait des liens avec les autres.
Antoine, infirmier à Moulins-sur-Allier, se réjouit du fair-play qui domine. « Il n’y a pas vraiment de compétition. Les jeunes ont très vite fait des liens avec les autres. De notre côté, ça permet de rencontrer d’autres structures, d’échanger entre soignants. » Les encadrants se sont aussi prêtés au jeu. Alors que leurs doigts glissent les points de gauche à droite sur le boulier, les sourires se dessinent.
Les hôpitaux de jour accueillent les jeunes souffrant de troubles anxieux, de l’humeur, du comportement, du spectre autistique, de troubles psychotiques ou de conduites addictives.
Élisa Zejm elisa.zejm@centrefrance.com