Le Belge Van den Buverie remporte l'Ironman Vichy pour seulement 27 secondes !
Vingt-sept secondes. Une poussière dans une épreuve d’un peu plus de 8 heures. C’est ce qui a séparé, ce dimanche, le vainqueur de l’Ironman, Hans Van den Buverie, de son dauphin, Mathieu Noblet. Chez les hommes, jamais l’épreuve vichyssoise ne s’était jouée sur un écart aussi infime. Alors, du côté du Français, le sentiment oscillait entre fierté et déception. « Jamais je n’aurais pensé pouvoir remporter un Ironman. C’était une occasion en or qui ne se représentera certainement jamais. »
Une chute et des crampes à vélo« Mauvais nageur », de son propre aveu, ce spécialiste du duathlon a reconnu avec sportivité que la suppression de la natation l’avait plutôt avantagé. Mais comme Van den Buverie a confié le même point faible, Mathieu Noblet peut légitimement nourrir des regrets. Principalement par rapport à sa performance en vélo, là où le Belge a été impressionnant (meilleur temps en 5h02’32”). « J’ai raté les deux premiers ravitaillements et quand je me suis arrêté au troisième, je me suis cassé la gueule. C’est là que je perds ces fameuses secondes », rembobinait le licencié de Versailles Triathlon, qui a aussi connu quelques crampes dans la Montagne bourbonnaise.
Après avoir passé 20 minutes de plus sur le vélo que le Belge, Mathieu Noblet a grappillé patiemment son retard, dans un marathon de feu. Au point d’inquiéter sa compagne, venue en train le soutenir avec leur enfant de tout juste 5 mois. « Elle m’a dit : “tu vas beaucoup plus vite que les autres. Tu es sûr que tu n’es pas parti trop rapidement ? »
Une fin en apothéose pour Van den BuverieNon. Les jambes étaient bien là. Et malgré les ennuis gastriques du 25e au 35e, le duathlète a fait trembler jusqu’au bout Hans Van den Buverie, parti 38 minutes plus tôt à vélo le matin (selon le protocole du rolling start), et donc obligé d’attendre que le Français franchisse la ligne d’arrivée avant de sabrer le champagne.Mathieu Noblet a fait un énorme marathon. Mais ça n'a pas suffi... Aucun athlète n’a été plus rapide que Mathieu Noblet dans cet Ironman bouclé en 2h47’08”. Le jeune papa, qui a pris un congé professionnel il y a trois mois pour pouvoir garder son enfant et s’entraîner, a couru 27 secondes de moins au kilomètre que Van den Buverie. Avec 1.000 mètres de plus, c’est peut-être lui qui aurait soulevé la banderole du vainqueur. Mais en faisant la différence sur le vélo, sur un parcours exigeant, le Belge n’a pas volé sa victoire, obtenue en 8h10’37”. « C’est une machine », reconnaissait d’ailleurs son compatriote, Arne Devliegher, troisième de l’Ironman (8h12’39”). Le lauréat de cette septième édition, lui, pouvait savourer sa première victoire en Ironman. Et penser au repos de son organisme. « Mais saison est terminée », a-t-il annoncé. Une belle fin… à suspense !
Olivier Rezel