Les dessous d'un after dans un collectif du Festival d'Aurillac (Cantal)
« Faut faire une annonce, les gens se taillent. » Trois grandes tables, six bancs, un test sono. Le grand soir n’aura pas lieu, du Cortège de tête, vient de s’achever. Mais dans la cour du lycée Émile-Duclaux, l’énergie circule encore. Tous les soirs, le collectif La Marmite?! improvise une soirée intimiste. Là, ce sera blind test.Quelques festivaliers et comédiens, bénévoles, techniciens du collectif s’installent. On fait équipe ensemble.
Pas assez de tables. On en rajoute deux. « Six personnes par équipe maximum, et il faut vous choisir un nom?! ». Paillettes sur les joues, c’est Léa, la chargée de diffusion, qui anime. Spice Girls, Destiny’s Child, Shakira. Ambiance fin 1990, début 2000 pour commencer. L’équipe du FLAB (Front de libération anti-bretons) brille. L’équipe Chouille, moyenne d’âge 20 ans, est larguée. Pas grave. Rihanna, ABBA… Il est 23 h 24 et c’est déjà la deuxième manche.
Trois petits tours et puis...Deux équipes se disputent la dernière place et grappillent quelques points en chantant à tue-tête du Céline Dion au micro, sur un twerk endiablé. Entre audace et turbulence, la chanson suivante met tout le monde d’accord. Éclats de voix sur Marcia Baïla, des Rita Mitsouko. Et ça finit debout sur It’s rainning men, de Weather Girls. Sans transition, un « joyeux anniversaire » est entonné, à l’intention d’Aude et Éleonore.
Profite de l'oxygène. Dans la vie, faut respirer, mais pas n'importe quoi !
La Marmite ! a la permission de minuit. « On arrête de servir au bar, et les gens partent tranquillement », explique Louise Lavauzelle, responsable du collectif. Tout s’apaise à présent. Leur idée, c’était un format ouvert, où les 35 bénévoles, les quatre techniciens et les quinze artistes partagent plus que des spectacles avec le public. « Le soir, on fait une pause dans le programme, à 19 h 30. Ça s’appelle le Banquet : une comédienne en formation restauration cuisine pour tous ceux qui sont là. » Un moment convivial.
Et le public mord. « Des bénévoles qui font rire, en plus de la cuisine, c’est déjà incroyable, mais la soirée improvisée, c’est hyper cool ! » Maxime Pierre est emballé… même si l’enseignant au Conservatoire de Montpellier a honteusement perdu le blind test.
Texte : Anna ModoloPhotos : Jérémie Fulleringer
Pastille 56. Spectacles de 11 heures à 21 heures au lycée Émile-Duclaux.