Clermont Foot : les prémices d'une puissance offensive ?
Dans le tableau d’ensemble de la Ligue 1, après deux rencontres dont une à zéro but inscrit, trouver Clermont au 10e rang du classement général et son attaque à la 7e place, témoigne du coup réalisé par les Clermontois sur la pelouse de Delaune (victoire 4-2).
Tête de gondole de l’intéressant pouvoir de nuisance offensive de son équipe apparu en Champagne, le Serbe Andric semble avoir déjà trouvé pas mal des marques nécessaires à son efficacité : « Pour la confiance, c’est tout le temps bien quand nos attaquants marquent. Ça (ses deux buts à Reims) conforte ce qu’on pensait de lui mais c’est surtout bien pour l’équipe, qui sait qu’on est capable de marquer des buts à tout moment, donc c’est une bonne chose pour notre confiance en général. »
Une équipe, à l’image des offrandes de Cham pour ses attaquants ou de la 4e réalisation du CF63 sur laquelle, une demi-douzaine de joueurs dont 3 remplaçants (Kyei, Khaoui, Bela) sont impliqués, qui a affiché de vrais progrès dans son chantier offensif collectif.
Et ses 4 buts inscrits en 26 minutes par Andric (2), Cham et Bela, une première pour le club en Ligue 1, font du CF63, la 7e équipe de Ligue 1 en 5 saisons à être aussi efficace dans ce court laps de temps (ou moins), à l’extérieur.
Ça ne peut pas être totalement neutre, surtout pour la 17e des attaques en fin de saison dernière. Alors, bien sûr, Pentz, le portier rémois vit un début de saison difficile avec 4 buts pris sur 6 tirs cadrés devant Marseille puis 4 autres en 5 tentatives cadrées, devant Clermont.
Tout aussi sûr, également, le fait que Reims ait évolué à 10 presque une mi-temps, la deuxième et la meilleure de Clermont, mené 2-0 à la pause. Outre le questionnement sur le délitement complet champenois lors de ces 45 minutes-là, Florent Ogier a beau jeu de préciser : « Des exploits comme ça, ça n’arrive pas tout le temps, très rarement, même. Mine de rien, gagner quand même, on l’a vu l’année dernière, à 10 contre 11, c’est jamais évident. »
Le scénario de la réception d’Angers (34e journée), où mené 2-0, le CF63 était revenu à 2-1 avant l’expulsion à la 75e de Cho, l’un de buteurs angevins, parle pour le défenseur central. Derrière, Clermont avait inscrit un but, celui du nul final (2-2) mais un seul. Scénario encore pire, lors de la journée suivante, à Brest où, dès la 22e, le CF63 aurait pu bénéficier de l’exclusion de Del Castillo. Mais c’est pourtant bien le Stade Brestois qui s’était imposé (2-0), sans coup férir.
Pascal Gastien pouvait donc aisément souligner, après Reims : « Surtout, on a fait ce qu’il fallait pour se créer des occasions. Ce qu’on faisait était cohérent. Même s’ils étaient à 10, on a su les déstabiliser, les mettre hors de position plusieurs fois et après, on a été efficaces. »
« L’efficacité devant le but, ça ne se décrète pas trop »
L’efficacité, thème sur lequel le coach du CF63 se questionne pourtant toujours : « On en a déjà parlé, il y a un an, deux ans, trois ans… L’efficacité devant le but, ça ne se décrète pas trop. À un moment donné, il y a des déclics, il y a la qualité des joueurs certainement. Mais il y a des choses qui se passent que je ne maîtrise pas. Ce qu’on peut juste maîtriser, c’est de travailler à l’entraînement pour être le plus cohérent possible, le jour du match. »
Jean-Philippe Béal