A Vichy (Allier), la fièvre du triathlon se prolonge au-delà du week-end Ironman
Depuis 2015, Vichy vit au rythme de l’Ironman le temps d’un week-end, le troisième du mois d’août. Difficile de passer à côté de l’événement. Entre la natation dans le lac d’Allier, le parcours vélo qui part du centre omnisports pour emprunter les routes de la Montagne bourbonnaise, et la course à pied autour du plan d’eau, les triathlètes sont omniprésents.
Mais dans la cité thermale, le triathlon n’est pas seulement l’affaire d’un week-end puisqu’elle abrite trois associations dédiées à la pratique de ce sport : Vichy Triathlon (220 licenciés), Lifetri (98 licenciés) et le Team Kupa’a (50 licenciés). Bien sûr, la vitrine Ironman n’est pas étrangère à cet engouement.
Des effectifs en hausse« Avant, j’étais coach à mi-temps. Depuis que le challenge Vichy a pris le label Ironman, je suis passé à plein temps. Et les effectifs n’ont cessé d’augmenter d’année en année », confirme Cyrille Routier, du Team Kupa’a. Désir de se lancer un défi personnel, attrait pour ce sport qui casse une certaine routine de l’entraînement avec ses trois disciplines (natation, cyclisme, course à pied)… Cyrille Routier établit un portrait-robot de ses élèves : « des hommes et des femmes âgés de plus de 40 ans, installés professionnellement, dont les enfants peuvent se débrouiller seuls. »
Mais le triathlon n’est plus seulement un sport pour quadras ou quinquas en quête de dépassement de soi. Si elles constituent toujours une voie de diversification pour les coureurs à pied ou cyclistes de formation, les disciplines enchaînées attirent désormais les plus jeunes. « C’est nouveau. Dès l’âge de 20/25 ans, ils n’hésitent pas à faire des longues distances, sans forcément commencer par le court », remarque Yohann Vincent, coach du Team Lifetri, doté d’une école de triathlon, tout comme Vichy Triathlon.
Plus qu’un sport, un mode de vieYohann Vincent voit aussi dans le boum du triple effort une évolution de la société. « La culture a changé, le sport s’est démocratisé. Avant, quand je courais autour du plan d’eau, je connaissais tous ceux que je croisais. Aujourd’hui, on voit de plus en plus de monde faire des footings le long de l’Allier », analyse Yohann Vincent.
En 2016, la Fédération française a mis au point un programme « Coaching Triathlon Santé », pour inciter les personnes sédentaires, néophytes et/ou présentant une pathologie (diabète, cancer, obésité…) à franchir le pas.Lifetri était le club le plus représenté dans l'Ironman 70.3 de ce samedi. Le club Vichy Triathlon s’est engouffré dans cette brèche avec sa « salle immersive » et ses vélos d’intérieur connectés qui permettent de faire des parcours virtuels aux dénivelés et difficultés adaptés aux moyens de chacun.
Compte tenu de la nécessité de planifier plusieurs entraînements hebdomadaires, le triathlon devient souvent un mode de vie. Il est parfois même à l’origine d’un changement radical, à l’image de cette triathlète italienne du Team Kupa’a, Gabriella Passoni, qui a déménagé de Paris à Vichy pour s’entraîner sur les bords de l’Allier et préparer au mieux l’Ironman de la cité thermale. La notion de dépassement de soi n’est jamais loin, comme l’illustre le défi de cet autre membre du team de Cyrille Routier, Alexandre Hilt, qui s’est mis en tête d’enchaîner dans ce même week-end les deux distances 70.3 et Ironman !
Olivier Rezel
Le triathlon vichyssois fait école La relève est là ! Encore bien loin de penser aux épreuves longue distance, les enfants peuvent découvrir le triathlon de façon ludique grâce à Lifetri et Vichy Triathlon. Et même dès l’âge de 4 ans, à la rentrée (au lieu de 6 ans jusqu’ici). « Avant même d’avoir ouvert la section baby tri, on est déjà presque complet », se réjouit Bastien Viguier, coach de Vichy Triathlon dont l’école de tri labellisée « 3 étoiles » réunissait en 2022 70 jeunes de 6 à 18 ans.Il faut dire que le club ne ménage pas ses efforts pour attirer les enfants dans les filets des disciplines enchaînées, avec l’organisation de son Bike & Run (course à pied et vélo), de courses d’orientation, d’aquathlon ou encore la mise en place de parcours de triathlon adaptés aux 6-13 ans. Accueillir des enfants dès leurs quatre printemps n’effraie pas Bastien Viguier, au contraire. « On travaillera la motricité avec des draisiennes, ils découvriront le monde aquatique avec des frites, apprendront à mettre la tête sous l’eau, feront des parcours ludiques en course à pied », prévoit le jeune coach.