Une nuit les yeux tournés vers les étoiles
Saint-Sulpice-le-Dunois. La Nuit des Étoiles et la pollution lumineuse à La Forge. À l’occasion de la Nuit des étoiles, organisée à la médiathèque La Forge, le club d’astronomie Caroline H de Maillet (Indre) et l’association Naillat Nature ont proposé plusieurs activités. Pour commencer, il y avait l’observation du soleil à l’aide de télescopes adaptés. Ensuite Romain Sordello, ingénieur écologue représentant Naillat Nature, a mené une conférence-débat sur le thème « Pollution lumineuse et biodiversité - Sommes-nous concernés en Creuse ? » Et le soir, le public pouvait observer le ciel à l’aide de lunettes ou de télescopes. Parmi les possibilités, voir Saturne, découvrir des nébuleuses et Albiréo l’une des plus belles étoiles doubles…
La médiathèque exposait une série de livres en lien avec le thème de cette journée.
Pollution lumineuseL’impact de la luminosité artificielle sur la biodiversité est étudié depuis plus d’un siècle, selon le conférencier qui a noté qu’en France « on n’a plus de ciel de qualité ». On a perdu, souligne-t-il, 15 % d’obscurité entre 1992 et 2010. Cependant la réglementation en France est très ambitieuse, sur papier.
« Souvent on surestime le besoin d’éclairage », a-t-il expliqué. Dans bien des zones, il est inutile d’éclairer toute la nuit. En 2016, il a été déterminé qu’un tiers de l’humanité ne voit plus la Voie Lactée. Toutefois, il y a encore des endroits qui ne sont pas négativement impactés par la pollution lumineuse, par exemple le Parc naturel de Millevaches ou une grande partie de l’Afrique.
Il a été présenté l’impact sur les animaux de l’éclairage artificiel. Ces lumières aux pieds des arbres, dans les parcs ou jardins, sur les bâtiments et monuments, les terrains de stationnement ou en vitrine de magasins et bureaux peuvent brouiller les signaux pour les animaux et perturber les relations entre espèces. De nombreuses espèces sont très nocturnes, en effet environ 30 % des vertébrés et 60 % des invertébrés sont nocturnes. La pollution lumineuse affecte leur migration, reproduction, orientation, recherche de nourriture et synthèse hormonale.
La migration des oiseaux, qui se fait surtout la nuit et deux fois par an, était aussi un des sujets traités. « En Creuse, on est sur un axe migratoire très important » a indiqué Romain Sordello. Les conséquences des éclairages artificiels en concurrence avec les sources naturelles de lumière peuvent être dramatiques pour les oiseaux. Par ailleurs, il semble qu’un tiers des insectes attirés par les sources de lumière stationnaires meurent d’épuisement ou sont chassés par d’autres animaux avant la levée du jour. Et la pollution lumineuse ne bouleverse pas seulement la vie animale mais aussi la vie des végétaux car la végétation est très réactive à son environnement, dont des éclairages.
Cependant, contrairement à d’autres pollutions, la pollution lumineuse est réversible mais les conséquences ne le sont pas. Il faut choisir ce qu’il faut éclairer et quand, avec l’objectif d’éclairer le moins possible et se demander « A-t-on vraiment besoin d’éclairer ? ».