Gilbert Gagnaire [Easymile], l'entrepreneur-globe-trotteur
Parcourir le monde pour se rendre compte que l'on doit retourner chez soi. Voici ce que constate Gilbert Gagnaire après des années à voyager. En 2008, le rachat de l'entreprise qu'il a fondé douze ans auparavant le pousse à quitter ses fonctions. « Je me suis alors consacré à une conquête personnelle, celle du bonheur », témoigne Gilbert Gagnaire. « J'ai parcouru le monde, des volcans du Kamtchatka jusqu'aux fjords de Norvège en passant par les zones rurales de Chine et Bali », confie-t-il. Durant cette période, Gilbert Gagnaire ouvre un hôtel, qu'il dirige encore aujourd'hui. Mais au fil du temps, à force de vivre des évènements « exceptionnels », il finit par ne plus ressentir l'émotion liée au caractère singulier de son quotidien. « Et là, l'extraordinaire devient l'ordinaire », déclare le globe-trotteur.
Une rencontre déterminante pour le lancement d'EasymilePuisqu'il est difficile de trouver plus exceptionnel que ce qui l'est déjà, Gilbert Gagnaire se fait à l'idée qu'il devrait probablement rentrer en France, pour accomplir ce qu'il fait de mieux : entreprendre. « Sur le retour, j'ai croisé la route de quatre ingénieurs travaillant dans le secteur des véhicules autonomes, ça a été le déclencheur ». Le petit groupe se lance alors dans la création d'Easymile, une entreprise spécialisée dans les solutions de mobilité intelligentes. Si le mode de création conventionnel consiste à se reposer sur des investisseurs et à faire un business plan sur cinq, voire dix ans, Gilbert Gagnaire et son équipe se lancent en autodidacte.
Sept ans plus tard, Easymile compte 750 collaborateurs basés à Toulouse dont environ 150 ingénieurs en recherche et développement, des clients dans 26 pays et des bureaux à Berlin, Denver, Singapour et Adelaïde en Australie. Pour Gilbert Gagnaire, la recette du succès se trouve dans le business model de l'entreprise, tourné vers les marchés de niche. « Pour qu'une PME française comme la nôtre survive dans un environnement fait de grands groupes américains et japonais aux moyens illimités, il faut éviter la confrontation », déclare-t-il. Si les géants du secteur ont besoin de marchés de masse pour prospérer, Gilbert Gagnaire a fait le choix d'aller chercher ceux en marge. « Easymile s'adresse aux aéroports, terminaux portuaires, grands sites industriels et sites privés sur lesquels nous pouvons fournir des prestations avec des navettes autonomes » conclut-il.