Comment le sport aide Aurélie Larcher-Guitard d'Ussel (Corrèze) à supporter la sclérose en plaque ?
Elle est un peu fatiguée mais elle sait pourquoi. « J’ai des courbatures. Je vais chez le kiné mercredi (hier, N.D.L.R.) et j’en ai bien besoin », confie Aurélie Larcher-Guitard qui, depuis qu’elle a 21 ans, se bat contre la sclérose en plaque. Car le week-end dernier, la trentenaire ne s’est pas ménagée. Elle a enchaîné le swimrun (11 km de course à pied et 2 km de natation) samedi et le trail (14 km) dimanche, lors de l’Aquaterra de Bort-les-Orgues. « Je n’avais pas prévu de le faire mais finalement j’ai réussi à motiver mon frère pour le swimrun et j’ai fait le trail avec ma belle-sœur et cela m’a fait un bien fou », explique la jeune femme. Car quand Aurélie Larcher-Guitard fait du sport, elle oublie la maladie.
Le sport pour échappatoire« J’ai toujours fait du sport, se souvient-elle. Petite, j’ai fait du tennis de table et du judo à haut niveau, j’étais pompier volontaire. Le sport c’était ma vie, précise la mère de famille. Quand j’ai appris que j’avais la sclérose en plaque, j’avais 21 ans, j’étais à fond dans le sport mais je me suis vite retrouvée en fauteuil roulant. » Il lui faudra trois ans pour retrouver sa mobilité… « J’ai eu mes deux enfants et ce fut un booster énorme puis la maladie a continué à évoluer et en 2016, je suis arrivée au bout des traitements et j’ai subi cinq opérations. » C’est à ce moment-là que le sport est revenu dans la vie d’Aurélie Larcher-Guitard. D’abord avec des randonnées, des « petits trails, puis des grands » et du vélo sur des parcours de plus en plus longs, dont l’Ariégeoise cyclosportive à Tarascon en juin sur 110 km. Avec à chaque fois, les mêmes conséquences sur le corps. « Le sport, c’est une échappatoire. Quand j’en fais, j’oublie ma maladie. Donc je fais du sport tous les deux jours même si actuellement je freine parce qu’il fait trop chaud et que la chaleur créée un syndrome d’Uhthoff qui fait survenir les symptômes de la maladie donc je fais attention », indique-t-elle.
Avec le soutien de toute la familleMais à Bort, malgré la chaleur, Aurélie Larcher-Guitard s’est sentie bien. « Pendant l’épreuve, je ne me suis plus sentie malade, affirme-t-elle. Je pense que le mental prend tellement le dessus que je me suis sentie comme avant, quand je n’étais pas malade. » Ses parents, ses enfants, son mari étaient là pour l’encourager et cela a fait revenir des souvenirs d’avant la maladie. « Quand j’étais jeune et que mes parents me suivaient sur les compétitions, c’était comme ça. J’avais vraiment, à Bort, la sensation de ne plus être malade. J’y arrive grâce aux endorphines du sport. Pendant la course, je me disais “je te plaque, la sclérose…” Ce week-end était vraiment magique… Tout cela est aussi possible grâce au soutien de mes parents, mon frère, ma belle-sœur, mes enfants. Ils m’aident énormément. »Aurélie Larcher-Guitard a l'arrivée de l'Aquaterra à Bort avec ses enfants Elina et Gabin.
Le sport est d’ailleurs préconisé aux malades et Aurélie Larcher-Guitard est encouragée par son médecin du centre antidouleur de Limoges qui la suit. Et c’est au sport qu’elle attribue le fait d’avoir pu se passer, quasiment seule, de la morphine qu’elle prenait à haute dose depuis un an. « Le sport, c’est devenu une drogue pour moi, résume la battante. Ce sont des défis permanents comme celui de l’Aquaterra qui me permettent d’avancer… »
Estelle Bardelot