L'année 2021 du tribunal de commerce de Montluçon (Allier) résumée en cinq points
L’année 2021 ne commençait pas sous les meilleurs auspices. Dès l’audience solennelle de rentrée, il y a près d’un an, Marc Ferrandon, président du tribunal de commerce de Montluçon, soulignait que 2021, en raison de la crise sanitaire, s’ouvrait « dans l’anxiété et l’inquiétude grandissante ». Qu’en est-il réellement ? Bilan.
1. Le « tsunami redouté » n’a pas eu lieuLe nombre de jugements déclaratifs de faillite, préalable à une procédure de sauvegarde, de redressement ou encore de liquidation, est en baisse en 2021. 27 entreprises du territoire étaient concernées par un jugement déclaratif en 2021. Elles étaient 34 en 2020 et 43 en 2019.
« On voit que le tribunal de commerce n’est pas confronté au tsunami annoncé », souligne le président. « Les entreprises ont été soutenues. L’impact de la crise sanitaire est donc bien moindre que ce que nous avions pu imaginer, en raison des prêts garantis par l’État et des différentes aides de l’État dont les entreprises en difficulté ont pu profiter. »
Au tribunal de commerce de Montluçon (Allier) : « 2021 s'ouvre dans l'anxiété et l'inquiétude grandissante »
2. Un nombre d'immatriculations en hausseC’est la deuxième bonne surprise de 2021. Le nombre d’immatriculations au registre du commerce est en hausse. Il passe de 599 en 2020 à 637 en 2021. « C’est une bonne nouvelle », soutient Marc Ferrandon.
« Cela veut dire que, malgré la crise, les gens veulent se lancer dans le monde de l’entreprise. Peut-être que les périodes de chômage partiel ou la crise sanitaire en elle-même ont poussé certains à créer leur entreprise et à se lancer dans un nouveau projet, ce qui est à la fois louable et ambitieux. »
Fin 2021, ce sont 7.704 entreprises qui étaient enregistrées auprès du registre du commerce du tribunal montluçonnais.
3. Des radiations en augmentation... mais pas de quoi forcément s'inquiéterLe nombre d’entreprises radiées du registre du commerce est en hausse. Il est ainsi passé de 308 en 2020 à 439 en 2021. Mais pour le président du tribunal de commerce, ces chiffres ne sont pas forcément inquiétants.
« Parmi ces 439 entreprises, il y a beaucoup de radiations d’office. Cela peut être des entreprises en sommeil [Une entreprise n’ayant plus d’activité depuis deux ans est automatiquement radiée du registre du commerce, NDLR]. Ce n’est donc pas très significatif. »
4. La prévention, priorité du tribunal de commercePeu connu, le tribunal de commerce a un rôle de prévention. Dans cette logique, 69 entreprises en difficulté ont été convoquées en 2021. « Mais seules 17 sont venues à un entretien de prévention », note Marc Ferrandon. Et il le regrette. « La prévention permet d’anticiper. Cela permet d’aller par exemple vers une conciliation avant d’être confronté à une procédure collective. »
Le tribunal de commerce peut ainsi trouver des solutions pour éviter un redressement ou une liquidation.
« Par exemple, nous pouvons restructurer la dette grâce à une consultation des créanciers. La conciliation est confidentielle, ce qui fait que les partenaires de l’entreprise ne sont pas informés. »
Mais pour lui, il est encore difficile pour bon nombre d’entrepreneurs du territoire de passer les portes du tribunal pour exposer leurs problèmes et demander une mise sous protection.
5. Comment l'année 2022 s'annonce-t-elle ?« Difficile à dire. Il est encore trop tôt pour donner une tendance », assure Marc Ferrandon. D’autant que l’accès aux prêts garantis par l’État a été prolongé jusqu’au 30 juin 2022. « Il a également été annoncé que certaines entreprises pourront réétaler leurs remboursements sur dix ans et pourront les différer de six mois. » De très bonnes nouvelles pour oxygéner les entreprises.
Mais les premières semaines de 2022, ne semble pas rassurantes. « Quelques signaux indiquent qu’il y a plus de difficultés. Nous avons déjà eu plusieurs dépôts de bilan. » Avec en premiers concernés, les restaurateurs et cafetiers particulièrement impactés depuis le début de la crise.
L'activité 2021 du tribunal judiciaire de Montluçon (Allier) en quelques chiffres
Laura Morel