Crimes de Montluçon : l'avocate générale requiert les peines maximales
Deux ans et demi après les trois meurtres et le viol qui ont épouvanté Montluçon, la cour d’assises de l’Allier va rendre son verdict vendredi.
Les jurés ont écouté jeudi Emmanuelle Fredon, avocate générale, requérir contre Zaki A. T. la réclusion criminelle à perpétuité, avec vingt-deux ans de période de sûreté. Et trente ans de réclusion contre D.A., mineur au moment des faits. Le ministère public ne pouvait demander des peines plus sévères.
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Quels mots mettre sur ces crimes ?Avec les plaidoiries et les réquisitions est venu le moment de mettre des mots sur les crimes commis en mars 2017. La sauvagerie, la bestialité, la barbarie ont été évoquées. Un avocat, Me Louis Jay, a parlé d’Orange mécanique sans musique classique. « Horrible, sordide, abominable ? Il n’y a pas de mots assez forts pour dire ce qu’on a ressenti depuis le début de la semaine », a tranché Me Diana Segla-Marques.
« Je n’ai pas compris ce chemin criminel »Les crimes de Montluçon resteront du domaine de l’indicible. Tout comme la raison de leur survenue subsistera énigmatique. « Je n’ai pas compris ce chemin criminel », a confié l’avocate générale. S’ils avaient voulu simplement voler ces septuagénaires sans résistance, ils les auraient saucissonnés, ils ne se seraient pas acharnés sur eux, a relevé Me Diana Segla-Marques.
« Une hydre, un monstre à deux têtes »Le couple Degl’Innocenti et Jeanine Ponce ont été tués dans un déferlement de violences incroyable. Des coups de pied, de poing, de couteau, de bouteille par dizaines. L’avocate générale voit dans les deux accusés aujourd’hui âgés de 20 et 21 ans « une hydre, un monstre à deux têtes ». Deux Mahorais qui se sont construits dans la violence et qui se sont retrouvés confrontés en métropole à un vide existentiel.
Emmanuelle Fredon a requis enfin un suivi socio-judiciaire à leur sortie de prison, sans limitation de durée, avec une peine de sept ans de prison s’ils ne le respectent pas. « Je ne peux qu’espérer qu’ils soignent en prison ce qui les a amenés ici. »
Guillaume Bellavoine