Champignons : les bons conseils d'un pharmacien moulinois
La saison des champignons bat son plein. Encore faut-il choisir les bons. Nous avons demandé des conseils à Olivier Frachon, pharmacien à La Grande Pharmacie de Moulins, pour éviter une intoxication qui risque d'être fatale.
Pourquoi aller voir un pharmacien après avoir cueilli des champignons ?
Parce que le pharmacien est le seul professionnel de santé à avoir suivi une formation mycologie lors de ses études.
Cette bonne pratique est-elle encore bien suivie ? Vous avez vu du monde, ces jours-ci ?
J’ai reçu quatre personnes la semaine dernière. En ce moment, on nous ramène des rosés, des coulemelles, un peu de cèpes aussi. Je n’ai pas vu de trompettes de la mort.
Quels champignons faut-il ramasser ?
Je conseille de ne ramasser que ce que l’on connaît. Prévoir un panier pour chaque sorte de champignon. En cas de doute, amener le panier à la pharmacie pour faire identifier les champignons.
Des confusions sont possibles ?
Oui, par exemple entre la redoutable amanite tue-mouche (dont les points blancs et le fond rouge s’estompent avec le temps) et la très comestible amanite des césars, entre girolles et fausse girolle, entre mousserons et collybies. Il faut à tout prix éviter l’amanite phalloïde, mortelle.
Que faut-il faire en cas de malaise ?
Aller tout de suite aux urgences, avec le champignon. Il faut réagir tout de suite. Un centre antitoxique n’identifiera pas votre champignon au téléphone. L’amanite tue-mouche provoque des symptômes neuro-psychiques, avec une euphorie suivie d’un sommeil profond. L’amanite phalloïde provoque une gastro-entérite, des vomissements puis, après une rémission, une encéphalopathie hépatique mortelle.
Pascal Larcher