« A un moment, j’ai vraiment pris peur » : victime d'une tentative d'arnaque sur internet, elle témoigne
Des menaces de poursuites judiciaires, des mails et des messages en rafale, agrémentés de photographies des forces de l’ordre en action et d’extraits d’articles de loi… Jacqueline Morel s’est fait une belle frayeur, samedi 17 août. Alors qu’elle avait mis en vente des créations au crochet qu’elle réalise, la Brivadoise est tombée sur une « cliente » pour le moins effrayante. Tout avait pourtant bien commencé.
Tout part d'un message sur Facebook« Samedi, je reçois le message d’une dame qui me dit qu’elle est intéressée », raconte la quinquagénaire. Le message lui parvient via l’application de messagerie privée de Facebook, car c’est sur ce réseau social que Jacqueline montre ses créations. « J’ai dit à mon mari : “super”. C’était la première. » Mais Jacqueline va vite déchanter.
La « cliente » s’enquiert du prix de l’objet puis lui explique qu’elle va s’occuper elle-même de la livraison. « Elle m’a dit qu’elle s’organisait avec UPS. » Évidemment, la célèbre société de livraison de colis n’est pour rien dans l’affaire. Car l’arnaqueuse a simplement copié le logo de l’entreprise et inventé une adresse mail qui ressemble (grossièrement) à une adresse officielle.
La "cliente" demande à Jacqueline des cartes prépayées...« Je reçois ensuite un premier mail, qui m’indique que je dois acheter deux cartes PCS de 50 euros. » Jacqueline est surprise, et refuse : le chemin de table qu’elle aimerait vendre trente euros ne vaut pas une telle dépense?! « Alors, la dame s’est mise à me harceler, à m’envoyer des messages : pourquoi je n’achetais pas les cartes?? Pourquoi je ne lui envoyais pas les codes?? »
Des « cartes »?? Explication. Les fameuses « cartes PCS » que demandait l’arnaqueuse à Jacqueline Morel, ce sont des cartes prépayées que l’on peut se procurer chez un buraliste, notamment. « Avant, ils demandaient les numéros de carte bleue mais maintenant, ils font comme ça », explique Jacqueline Morel, qui est désormais devenue incollable sur le mode opératoire des escrocs sur le web.
Jacqueline Morel est accusée d'être l'escroc !Mais Jacqueline Morel s’inquiète encore plus sérieusement lorsqu’elle reçoit des mails menaçants, comportant un logo volé de l’entreprise de transport, des extraits de loi et même des photographies de forces de l’ordre en action.
« Vous risquez une peine de cinq ans d’emprisonnement ferme pour abus de confiance et tentative d’escroquerie via internet », peut-on y lire.
« Je vous assure que je ne brillais pas?! Heureusement, mon mari m’a tout de suite dit : “c’est une arnaque”. »
Jacqueline Morel pense que les choses vont finir par rentrer dans l’ordre. Que nenni.
Elle finit par demander de l'aide à la gendarmerie« La dame devenait agressive et à un moment, j’ai vraiment pris peur. Je suis allée à la gendarmerie de Brioude. » Les militaires la rassurent, lui expliquent qu’elle a simplement failli être victime d’une arnaque en bonne et due forme. « Les gendarmes m’ont conseillé de bloquer cette personne, pour ne plus qu’elle m’embête. Ce qui me faisait peur, c’était d’imaginer qu’ils pouvaient me retrouver, venir chez moi… »
Échaudée par cette tentative de vente en ligne qui s’est soldée par une belle frayeur, Jacqueline Morel a eu envie de partager son expérience pour l’éviter à d’autres. Et, surtout, elle s’est promis de faire preuve de beaucoup plus de méfiance sur les réseaux sociaux. « Maintenant, je suis plus vigilante. »
Pomme Labrousse