La directrice du centre de loisir Léo-Lagrange de Brioude licenciée pour un avion manqué
Des ados du centre de loisirs Léo-Lagrange de Brioude, leurs parents, des représentants syndicaux, quelques gilets jaunes... Ils étaient une trentaine rassemblés devant les locaux du centre de loisirs mercredi 14 août pour marquer leur soutien à la directrice de l’établissement, Chantal Lebre, sous le coup d’une procédure de licenciement, qui sera effectif le 9 octobre prochain.
Absente lors de ce rassemblement, la principale concernée explique : « C’est un licenciement pour “cause réelle et sérieuse”. » Et le motif en est « un retard lors du départ pour un séjour à Berlin, qui nous a fait manquer l’avion de l’aller. C’est la seule chose qu’ils me reprochent. »
Je n’ai pas mis d’enfant en danger. J’ai réussi à trouver un autre transport, en bus et on a pu assurer le séjour, qui s’est bien passé
Le groupe, comprenant seize jeunes des centres de loisirs Léo-Lagrange de Brioude et Craponne-sur-Arzon devait en effet prendre un avion à Lyon à 7 h 30 le 15 juillet dernier. C’est hélas l’heure à laquelle ils sont arrivés à l’aéroport.
Un périple en bus de 20 heures, via PragueFinalement, la directrice a trouvé une solution de remplacement. Mais le trajet s’est fait en 20 heures, en bus, via Prague. Un périple néanmoins vécu comme « une bonne expérience » par l’une des jeunes participantes, présente lors du rassemblement de mercredi dernier. « L’ambiance était bonne, on a papoté, appris à se connaître. »Brioude. Rassemblement en soutien à Chantal Lebre, directrice du centre de loisirs Léo-Lagrange, licenciée.
À 58 ans, après une trentaine d’années à travailler en centre de loisirs, dont quinze pour la Fédération Léo-Lagrange, Chantal Lebre ne nie pas son retard et sa faute, même si elle est convaincue de « ne pas être la seule cause » du problème. Elle avoue cependant ressentir une certaine injustice : « Si tous les gens en retard se faisaient licencier… Je sais qu’il y a des conséquences et on les a gérées. »
J’ai toujours fait mon travail correctement. Je n’ai rien fait de gravissime. Depuis 15 ans que je travaille pour Léo Lagrange, je n’ai eu aucun reproche. Rien ne m’a été signifié. Je suis licenciée sans blâme, sans avertissement
En attendant le 9 octobre, la directrice est en dispense de préavis. L’intéressée ne souhaite pas en rester là et prévoit de lancer des démarches syndicales.
Sous une affiche portant le message « soutien à Chantal, non à son licenciement », une pétition était proposée mercredi dernier, aux participants et aux passants, demandant la réintégration de la directrice. Elle a recueilli une cinquantaine de signatures.
Contactée à plusieurs reprises, l’antenne régionale de la Fédération Léo-Lagrange, à l’origine de la lettre de licenciement, n’a pas donné suite à nos sollicitations.
Pierre Hébrard