UberEats peine à s'implanter à Montluçon : ce qui va changer dès cet automne
Le 16 mai dernier, Montluçon devenait la première ville de l’Allier et la deuxième d’Auvergne (derrière Clermont-Ferrand), à accueillir le géant américain UberEats. Avec une promesse : doper le chiffre d’affaires des restaurateurs partenaires de 10 à 40 % grâce à un système de livraison à domicile, par l’intermédiaire de coursiers indépendants.
On s’attend à une belle reprise pour le mois de septembre, c’est l’occasion pour les utilisateurs de redécouvrir l’application.
Trois mois après le lancement, « on n’a pas surperformé mais on est content des premiers résultats à Montluçon, aussi bien sur le volume de commandes que sur les retours clients ou le respect des produits de nos partenaires », estime Malik Qadiri, chargé de l’expansion d’UberEats en France.
1. La recherche de nouveaux coursiersAu début de l'expérience UberEats à Montluçon, cinq à dix coursiers avaient été engagés. Le problème, c'est qu'aujourd'hui ce chiffre n'a pas évolué. Une problématique qui touche directement les restaurateurs partenaires, mais aussi les potentiels clients de l'application. « Régulièrement, il y a le message "momentanément indisponible" sur la tablette qui nous a été fournie », note Pascaline Thierry, chez Food'elles. Dans ce cas, les commandes ne peuvent arriver puisque le client voit le même message sur son smartphone.
Pour les coursiers, les minimums garantis seront plus élevés aux périodes de fortes demandes à la rentrée, notamment les soirs de week-ends.
« On va continuer le travail de pédogogie et envoyer des équipes à Montluçon pour expliquer les avantages d’être coursier indépendant. On vise principalement les étudiants et les personnes désireuses de toucher un petit complément de revenus », promet Malik Qadiri. L’objectif est de doubler l’effectif des livreurs dans la perspective d’une activité beaucoup plus dense, après la rentrée.
La promesse du chiffre d'affaires dopé de 10 à 40 % est-elle tenue ? Pas vraiment à en croire les restaurateurs partenaires. « On a tous été un peu dégoutés. Ce n'est pas autant que je l'aurais esperé », note Pascaline Thierry (Food'elles). « Ça tourne bien, ça m'apporte un petit plus de 5 à 10 % sur mon CA et j'ai rentabilisé les frais de mise en service en deux semaines », explique quant à lui Christopher Reigner (Rock N'Diner). Enfin chez Rapido's food, on estime que l'engagement est tenu avec un CA dopé de « 20 % avec une moyenne de dix commandes par jours, voire quinze », selon Mohamed Hedia, le gérant.
2. L'extension des plages horairesAutre problème, l'accès à l'application est depuis le lancement fermé entre 14 h 30 et 18 heures, et le soir après 22 heures. Un manque à gagner pour les restaurateurs ouverts en continu, comme Mohamed Hedia de Rapido's food, sur l'avenue de la République. « Dans d'autres villes, l'application est accessible toute la journée. Pour nous, ce serait mieux comme on est ouvert en continu jusqu'à 1 heure du matin. »
Mais là aussi, Malik Qadiri apporte une réponse positive. « Actuellement l'activité est centrée sur le déjeuner et le dîner pour être bons opérationnellement. Mais à la rentrée, comme à Clermont-Ferrand, on ouvrira probablement en continu. »
3. La recherche de nouveaux partenairesÀ son lancement, UberEats comptait neuf enseignes partenaires : Parc Printemps, La boîte à pizza, Verycrepe, Verytacos, Rock N'Diner, Mc Donald's, Food'elles, Crepy's, Rapido's food. À ce jour, il semblerait que seule Verytacos ait arrêté le partenariat avec UberEats en début d'été, « en raison d'une livraison trop lente et d'un périmètre trop restreint », d'après les confidences d'une salariée.
Au cours des trois derniers mois, deux nouvelles enseignes ont rejoint le mouvement. Il s'agit de Burger grill et Mac Burger, sur l'avenue de la République. Et ce n'est qu'un début, d'après Malik Qadiri : « On aimerait augmenter le nombre de restaurants partenaires pour proposer différents types de cuisine. »
En dehors des stickers collés sur les vitrines des enseignes partenaires, la présence de l'application à Montluçon est peu visible. Cecile CHAMPAGNAT Montlucon 20/08/2019 Uber eat
4. Une campagne de communication renforcéeEn dehors des reportages réalisés par les médias locaux, le déploiement d’UberEats à Montluçon est resté discret en mai. Mais le géant américain devrait passer la seconde dans les semaines à venir.
« On prépare pour septembre une campagne de communication importante où on aura une meilleure visibilité à la télévision à travers nos partenariats avec la Ligue 1 par exemple. »
Et les Montluçonnais seront ciblés sur leurs tablettes et autres mobiles par des publicités digitales rappelant l’existence d'Uber eats dans le secteur. « C’est vrai que le point faible c’est le manque de communication » relèvent d’une même voix Chistopher Reigner de Rock N'Diner et Pascaline Thierry, qui ne disposent que d’un sticker sur la vitrine de leur établissement.
Enfin, Malik Qadiri révèle que Montluçon pourrait bientôt ne plus être la seule ville de l’Allier à bénéficier des services d’UberEats. « Le plan d’expansion pour la fin de l’année n’est pas encore défini mais Vichy est très bien placée. »
Thomas Ribierre