Brive Festival : le phénomène Aya Nakamura expliqué à ma grand-mère
«Euuuuhhh, je crois que mamie, elle va pas comprendre… » Pas facile d’expliquer le phénomène Aya Nakamura à sa grand-mère. Inès et Léa, 17 ans, toutes les deux, ont tenté de nous aider à percer le mystère du succès de cette diva des années 2020. Elles seront au premier rang ce soir, dimanche 21 juillet pour écouter Djadja ou encore Mes copines mais surtout pour rigoler.
Aya Nakamura, aux Francofolies de La Rochelle, le 12 juillet dernier. (Photo by XAVIER LEOTY / AFP) Son physique« Ce qu’on aime chez elle, c’est qu’elle s’assume totalement. On ne croise pas deux filles comme elle dans la rue. » Pour Léa, ce côté « il faut s’assumer tel qu’on est » est un des messages distillé par la chanteuse.
« Elle a un style vestimentaire dingue, une manière de danser provocante. Mais comme c’est elle, c’est drôle »
Pour Inès, Aya n’est pas un phénomène éphémère. « Ça fait déjà plus d’un an et demi qu’on l’écoute. »
Concert d'Aya Nakamura à la Cooperative de mai à Clermont-Ferrand, le 25 mai 2019. Ses parolesC’est la partie un peu ardue de l’affaire. « Mamie, elle n’en comprendrait pas la moitié mais ça rime », lancent les deux Brivistes. « Je m’en bats les reins » pour « ça m’est égal ». « La plus bonne de mes copines », pour « la plus belle mais plutôt celle qu’on regarde pour ses formes, c’est presque péjoratif ». « Ti-pe », pour « petit ». « C’est du verlan, pour faire des rimes tout est permis ».
Et puis, il y a le fameux « en catchana, tu me dead ça ». « On lui dit pas à mamie… », sous entendu : on ne parle pas du kamasutra avec grand-mère.
« Mais quand tu dis “j’ai dead ça”, ça veut dire “j’ai assuré”. » Il y a aussi « pookie » qui veut dire « une balance ». « C’est une expression tellement à elle que c’est difficile de la réutiliser », note Inès. En revanche, au quotidien, elle utilise notamment « j’ai le seum » qui signifie « je suis dégoutée ». Tout un vocabulaire qui fait partie du personnage.
C’est avec ce mélange d’argot ivoirien, de verlan, d’abréviations comme « Y’a R », communément utilisé pour dire « il n’y a rien », qu’Aya se distingue. C’est sûr que là, il n’y a pas que mamie qui est un peu dépassée. D’autant plus que la chanteuse, elle-même, dit en avoir assez de devoir traduire ses textes à longueur de journée.
Ses histoires
Pour Inès et Léa, ce que chante Aya Nakamura leur parle. « Elle évoque ce qu’on vit. Les premières amours, les copines, les soirées, les mecs… », explique Léa. Des thèmes visiblement proches de son public racontés avec un prisme bien précis. « Elle dit clairement qu’elle n’a pas besoin des garçons pour être elle. Elle se montre forte face aux hommes. »
Une sorte de féminisme des années 2020 ? Les deux jeunes femmes hésitent… C’est peut-être bien plus simple que cela. « On va la voir surtout pour danser, pour rigoler ! », expliquent ces deux Corréziennes qui ont l’habitude de dire en soirée : « Vas-y, mets du Aya ! »
Emilie Auffret