Le retour de la canicule devrait être le coup de grâce pour les maraîchers de Montluçon et alentour
Ne cherchez pas sur leur étal tomates, salades ou haricots verts, ils n’en ont pas. « Tout souffre et ça va être pire à partir de dimanche », se dépite Djamel Azegi, installé depuis une dizaine d’années à Domérat.
Samedi, sur le marché du vieux Montluçon, le constat était amer : « On a un peu de courgettes, mais pas de tomates, les fleurs sont grillées. » Faute d’eau, la terre est dure comme de la pierre et les nuages de samedi n’ont finalement pas apporté l’eau tant espérée.
Plus compliqué que jamais« C’est plus compliqué que jamais cette année. Il n’y a pas eu d’eau cet hiver et un peu au printemps, mais insuffisamment », souffle Sabine Weber, maraîchère bio installée depuis vingt ans à La Celle. Avec son compagnon, elle n’a d’autres choix que d’abandonner complètement certaines productions déjà en place comme le persil, les choux…, « dès qu’on n’est pas sûrs du résultat ».
La pression parasitaire augmenteÀ la chaleur, s’ajoute « une augmentation de la pression parasitaire qui va carrément anéantir la production, constate la productrice. D’habitude ça la réduit, mais cette fois c’est pire ». Sans compter le surcroît de travail engendré par les tentatives désespérées afin de sauver les légumes.
On met des ombrages en place et des filets anti-insectes pour qu’ils ne soient pas directement brûlés, et on multiplie les arrosages. Mais on est sur les rotules
Alors les seules productions dont elle dispose, ce sont finalement celles installées avant la canicule, comme les carottes cultivées depuis décembre et les pommes de terre depuis février.
On a beaucoup moins de tomates, pas de choux, très peu de salades… On devrait aussi avoir des radis et des haricots en cette saison normalement. Le végétal se met en mode survie, il attend que ça passe. La canicule de cette semaine va être le coup grâce pour nous maraîchers, d’autant qu’on n’a pas d’aides. Et les légumes vont être très chers cette année
De quoi aussi se poser sérieusement des questions sur l’avenir. « L’an dernier on avait eu deux orages violents à quinze jours d’intervalle. Ils avaient occasionné de grandes tranchées et nous avaient même emporté du terrain », se souvient Sabine Weber.
Gaëlle Chazal