À Montluçon, l'importance des cours de français aux réfugiés : « Celui qui parle bien n’a pas de mal à trouver un travail »
Ils viennent de Guinée, de Côte-d’Ivoire, du Soudan ou de pays de l’Est, et ont un point commun : ils veulent progresser en français. Comme chaque semaine, une vingtaine de personnes assistaient ce jeudi à un atelier, à la maison des jeunes et de la culture de Fontbouillant, pour acquérir du vocabulaire et mieux manier cette langue qui est étrangère pour elles.
Une porte d'entrée pour apprendre le françaisCe dispositif a accueilli entre soixante-dix et quatre-vingts participants depuis septembre, et porte bien son nom : Passerelle. « On accueille tout le monde – que les personnes soient en situation irrégulière, mineures ou encore demandeuses d’asile – et ensuite on les aiguille vers d’autres structures selon leur situation, leur niveau en français et leurs aspirations », explique Marc Hebel, directeur de la MJC.
Le défaut de maîtrise de la langue peut également concerner des gens arrivés dans l’Hexagone il y a longtemps. « On voit venir par exemple des femmes présentes en France depuis trente ou quarante ans, qui sont restées toute leur vie à la maison, et qui ont vu partir un jour leurs enfants, qui faisaient office de traducteurs. Elles se retrouvent dépourvues une fois qu’elles sont toutes seules », raconte Marc Hebel.
« L’intégration passe avant tout par la langue, pas forcément l’emploi, qui est l’objectif »
L’État finance ce groupe Passerelle, mais aussi un programme régional d’intégration des réfugiés de l’Allier, dont le chargé d’accompagnement du bassin de Montluçon se trouve à la MJC. « Je m’adresse aux gens qui ont eu une réponse positive à leur demande d’asile et je les accompagne pour qu'ils trouvent un logement et surtout qu'ils s'insèrent dans la vie professionnelle », décrit Cyril Morand, en poste depuis octobre dernier.
Selon lui, c’est la maîtrise de la langue qui permet au réfugié de s’insérer. « Celui qui parle bien français n’a pas de mal à trouver un travail dans des métiers en tension, comme le bâtiment, les métiers de bouche ou dans les abattoirs », affirme Cyril Morand, qui accompagne en ce moment vingt-cinq personnes.
Guillaume Bellavoine