Les « justiciers » condamnés pour une soirée de tous les excès près d'Issoire
« Une soirée d’ivresse et d’excès en tous genres… », résume le président Gouilhers. Quand les deux compères, 25 et 29 ans, arrivent chez une amie, à Saint-Rémy-de-Chargnat, le 2 mars dernier, ils sont déjà ivres et sous stupéfiants. Vers minuit, ils reçoivent un coup de fil d’une autre amie qui s’est disputée avec son compagnon. Ils prennent leur voiture et se rendent à cette seconde soirée. « On est descendu pour l’aider », affirme l’un d’eux. Sur place, ils défoncent la porte. Le conjoint est violenté, les convives intimidés.Les « justiciers » veulent repartir mais n’ont plus d’essence. Qu’à cela ne tienne, ils exigent les clefs de celle qu’ils disent avoir voulu secourir et partent avec sa Clio. Direction la première soirée, mais veulent retourner à la seconde. Pour cela, l’un veut emprunter le véhicule de leur hôte. ll monte dans la Seat, la propriétaire tente de s’interposer mais se fait repousser. Elle tombe, il recule et lui roule dessus.
« Dans cette voiture, j’ai vu un bouton rouge avec marqué start, j’ai appuyé dessus. J’ai pas vu de jambe sous la voiture… »
Son copain prend le volant à son tour et l’autre reprend la Clio. Non titulaires du permis, ils font la course mais le conducteur de la Clio tire tout droit dans un virage et s’encastre dans une maison, à Issoire. Son ami le charge dans la Seat et les voilà de retour à la seconde soirée. Souhaitant se « débarrasser de la Seat », ils partent finalement à quelques kilomètres et l’un d’eux la brûle. « J’ai agi comme un idiot », regrette-t-il.
Mandat de dépôt pour les deuxAinsi s’achève la nuit. Pas les faits. Deux jours plus tard, ils menacent de mort la propriétaire de la Clio qui ne veut pas mentir pour déclarer que sa voiture a été volée. Les deux hommes prennent la fuite dans l’Hérault. Là, ils font encore parler d’eux en soirée, puis auront de nouvelles déconvenues deux semaines après lors de festivités à Saint-Babel, pistolet d’alarme à la ceinture pour l’un.Retrouvés par les gendarmes en début de semaine, ils ont été jugés ce vendredi en comparution immédiate et condamnés : quatre ans de prison dont deux avec sursis pour Christopher S. et deux ans dont un avec sursis pour Pierre S. Ils sont maintenus en détention. Julien Moreau