ASSE : les Magic Fans et Green Angels de nouveau menacés de dissolution, le Chaudron se mobilise
Un an après avoir frôlé la disparition, les groupes ultras de l'AS Saint-Étienne sont à nouveau dans le collimateur de l'État. Le ministère de l'Intérieur a lancé une nouvelle procédure de dissolution à l'encontre des Magic Fans et des Green Angels, les deux associations qui animent respectivement le kop nord et le kop sud du stade Geoffroy-Guichard.
Une menace que le monde du football stéphanois prend très au sérieux.
Déjà ciblés en 2025, de nouveau dans le viseur
L'histoire se répète, presque à l'identique. Au printemps 2025, une première procédure avait été engagée contre ces deux groupes emblématiques, accusés de violences lors de manifestations sportives. La mobilisation avait été massive : le 29 mars 2025, plus de 3 200 personnes avaient défilé dans les rues de Saint-Étienne sous le slogan devenu symbole de résistance — "Le Chaudron ne se dissout pas". Le club, mené par son président Ivan Gazidis, s'était fermement opposé à une procédure jugée injuste et trop ciblée. Les groupes avaient finalement échappé à la dissolution.
Début avril 2026, la menace est de retour. Les Magic Fans et les Green Angels ont été convoqués le 13 avril devant la Commission nationale consultative de prévention des violences lors des manifestations sportives (CNCPVMS), chargée de rendre un avis avant toute décision définitive. Les motifs évoqués restent les mêmes : des violences graves imputées aux deux associations, sans que les incidents précis n'aient été rendus publics à ce stade.
Le club, les élus et les joueurs se mobilisent
Face à cette nouvelle offensive, les soutiens se sont rapidement organisés. L'ASSE a pris position sans ambiguïté, condamnant toute forme de violence tout en affirmant avoir "fait son travail depuis un an" pour les prévenir. Le club se dit dans l'attente de sa propre convocation devant la commission et entend jouer un rôle d'intermédiaire, notamment via le contrat de sécurité qui le lie à la préfecture.
Sur le plan politique, le maire de Saint-Étienne Régis Juanico et le député Pierrick Courbon (PS) ont demandé une audience urgente au ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, alertant sur les risques que ferait peser une dissolution sur l'ordre public et la sécurité autour du stade. Dissoudre ces groupes, arguent-ils, ne ferait pas disparaître les supporters — mais priverait le club de tout interlocuteur organisé.
Les joueurs stéphanois ont eux aussi exprimé leur solidarité d'une façon marquante : lors d'un déplacement à Nancy, ils ont arboré un t-shirt frappé du désormais célèbre slogan "Le Chaudron ne se dissout pas". Les ultras nancéiens ont apporté leur soutien. Un élan de fraternité entre groupes qui dépasse les rivalités habituelles.
Rendez-vous le 11 avril avant ASSE-Dunkerque
Avant l'audition du 13 avril, les groupes ont appelé à un grand rassemblement le samedi 11 avril à 16h30, au parc François-Mitterrand, soit quelques heures avant la réception de Dunkerque à Geoffroy-Guichard. Un symbole fort : se retrouver, visibles et unis, exactement un an après la mobilisation qui les avait sauvés.
La décision finale appartient à la commission. Jusqu'au 13 avril, le Chaudron retient son souffle.