Pourquoi y a-t-il autant de «génies» autour de nous?
Chacun a pu faire l’expérience dans son quotidien de l’inflation que connaît le qualificatif de «génie» aujourd’hui. Si tout le monde a droit à son quart d’heure de célébrité, il semble en aller de même pour le génie, les deux étant d’ailleurs toujours davantage associés. On se souvient des pull-overs du professeur de piano, incarné par Ray Walson dans Kiss me, Stupid, avec les portraits des «génies» de la musique classique. Il est encore moins nécessaire de développer la commercialisation dont s’honore le portrait d’Albert Einstein où ce dernier tire la langue. Pour autant, peut-on ranger dans la même catégorie le parangon du scientifique génial, le génie musical par excellence qu’est Mozart, une personne comme Steve Jobs ou comme Zinedine Zidane, «génie du ballon rond»? Une telle entreprise de classification risquerait rapidement de se résumer à un panthéon plus ou moins exhaustif et surtout plus ou moins subjectif. L’historien Darrin McMahon a décidé de prendre le problème autrement dans son dernier livre, Fureur Divine. Il entend s’intéresser à l’idée, ou plutôt aux idées du génie, c’est-à-dire aux manières dont les hommes ont essayé intellectuellement de rendre compte du phénomène identifié comme «génie». Il propose une histoire intellectuelle qu’il qualifie d’«histoire dans les idées» à la suite de David Armitage, ... Lire la suite