Trump ou Macron, de quel côté du système honni ?
Les peuples en colère veulent un renouveau de la politique. Mais nombreux seront ceux qui promettront de tout changer pour mieux refaire la même chose.
Les bobos américains ont le moral en berne depuis l’élection de Trump, à telle enseigne que les psys de New York sont débordés par les demandes de rendez-vous. Leurs homologues français ont réagi à l’unisson, clamant leur horreur de voir un “milliardaire populiste” trôner prochainement dans le Bureau ovale de la Maison- Blanche. Nouvelle gifle pour les pharisiens et leur clergé médiatique, après la victoire du Brexit. Ils en prendront d’autres : un vent de fronde se lève, il ne retombera pas de sitôt.
Mais s’il nous rafraîchit les neurones, prenons garde qu’il ne nous aveugle pas. Peut-être Trump s’avérera-t-il un bon président des États-Unis, comme Reagan qui en son temps fut méprisé par les parents gauchos de nos bobos contemporains. Peut-être pas, Dieu le sait, on verra à l’usage. Pour l’heure son élection est surtout le dernier symptôme en date d’une exaspération populaire visant le “système”.
Trump a acquis sa notoriété dans un domaine plus qu’équivoque, celui de la téléréalité
Aggravé outre-Atlantique par la crise des subprimes qui a mis à la rue des millions d’Américains, un même sentiment de révolte s’enracine dans les peuples européens. Fillon en a pris acte. Il lui incombe désormais d’en tirer les conséquences. S’il s’en tient aux rodomontades inégalement subtiles de sa campagne électorale, Trump aura tôt fait de décevoir ses compatriotes. Le risque existe, car le système honni, Trump l’incarne à sa façon, autant que les Clinton. D’abord, il n’est pas un self-made-man mais un fils de famille, héritier d’une entreprise dans un secteur économique, l’immobilier, qui ne s’est pas toujours signalé par une rigueur morale janséniste.
Son parcours de promoteur a été quelque peu chaotique, frôlant plusieurs fois la faillite. Surtout, il a acquis sa notoriété dans un domaine plus qu’équivoque, celui de la téléréalité. Au coeur de la société du spectacle en ce qu’elle a de plus débilitant, pour ne pas dire de plus vulgaire, il est devenu un showman accédant ainsi aux “people”. Sa belle épouse n’est pas l’humble bergère des contes de fées mais un ancien top-model. Bref, Trump a fait reluire son ego, accumulé ses lingots et pris d’assaut un des deux grands partis politiques américains dans le giron du système qu’il dénonce.
La détention du pouvoir suprême métamorphose les impétrants
Sans doute a-t-il convoité un destin présidentiel pour solder l’ardoise de certaines humiliations : rien de pire pour un “people” que d’essuyer le dédain des autres “people”. Ce profil psychologique et ce parcours somme toute conforme au rêve américain — fame and fortune — ne l’empêcheront pas fatalement de redorer le blason de son pays.
Là-bas comme chez nous, la détention du pouvoir suprême métamorphose les impétrants, pour le meilleur ou pour le pire. Ne méprisons pas Trump, il nous réserve sûrement des surprises. Souhaitons que son mandat soit une réussite, en sachant bien qu’il défendra d’abord, sinon exclusivement, les intérêts de son pays, lesquels ne sont pas forcément ceux de la France.
Les vrais sauveurs ne seront pas people
Quoi qu’il advienne, cessons de nous bercer d’illusions. Par les temps orageux qui courent, le désir de renouveau, de plus en plus profond, va faire éclore ici et là, par le truchement des nouveaux canaux de la communication, une pléthore de faux sauveurs. Ils nous charmeront en nous promettant d’arraisonner le système et nous découvrirons qu’ils en sont un avatar. Comme Trump. Comme Macron dont l’histoire brève et chiche en romanesque (Ena, banque d’affaires, Élysée, Bercy) trahit l’appartenance à la caste qu’il pourfend verbalement lui aussi.
Les vrais sauveurs, s’ils existent, ne feront pas la retape à l’opinion avec les recettes du marketing pour gratifier l’hypertrophie de leur ego. Ils ne seront pas “people”. À cet égard, pour ce qui nous concerne, la retenue et la constance de Fillon sont plutôt de bon augure ; il promet la rupture sans plastronner comme la grenouille de la fable.
Vos réactions sur cet article
Trump est Trump, ce qui peut être critiqué c’est qu’il ait été élu président des USA. Mais n’est ce pas le résultat et la responsabilité de tous les Américains y compris des démocrates?
Quant à nous Français, arrêtons de faire des jugements de valeur sur Trump car ce sont tous les Américains que nous humilions. On peut avoir des jugements de fait par contre.
Et si nous jugions un peu nos politiques en France, ce n’est pas brillant!!!! Et quand il y en a un qui “sort du lot”, je pense à Fillon, on n’a qu’une hâte de le démolir par tous les moyens, même les procès staliniens, les caricatures, les mensonges.
Quant à Macron, son enfumage est démontré dans cette vidéo :L'imposture "Emmanuel Macron" démasquée sur Canal Plus
https://www.youtube.com/watch?v=3apU_1bIZzY
En France on est dans la haîne permanente, on dirait qu’il n’y a plus qu’elle pour faire tenir debout ce pays. Ras le bol!!!!!