Plusieurs maires Les Républicains censurent une campagne de prévention contre le SIDA, le gouvernement les attaque en justice
POLITIQUE - "Aimer, s'éclater, s'oublier. Les situations varient. Les modes de protection aussi." La nouvelle campagne de prévention anti-VIH appuyée par le gouvernement et mettant en avant des couples d'hommes ou de femmes continue de diviser.
Samedi 19 novembre, soit quelques heures après la mise en place de ces nouveaux affichages, les Associations familiales catholiques, "indignées" avaient notamment demandé aux responsables politiques d'agir: "Nous demandons aux maires des communes de France de prendre leurs responsabilités en faisant retirer ces affiches qui troublent et indignent les familles tout en dévalorisant l'image des personnes homosexuelles."
Contraires aux bonnes moeurs et à la moralité."
Un appel entendu par quelques édiles Les Républicains à travers le pays. A Aulnay-sous-Bois en Seine-Saint-Denis, par exemple, le maire (LR) Bruno Beschizza a pris un arrêté interdisant la diffusion de la campagne. Il considère que ces affiches sont "contraires aux bonnes moeurs et à la moralité" et "portent atteinte à la dignité au risque de heurter la sensibilité de l'enfance et de la jeunesse".
Ainsi, l'arrêté précise que ces affiches, diffusées notamment sur les abribus, "devront être retirées ou masquées".
Interview pour @BFMTV au sujet de mon arrêté interdisant cette campagne d'affichage choquante pour nos enfants sur @AulnaySousBois pic.twitter.com/eVn2nS3TP7
— Bruno Beschizza (@brunobeschizza) 21 novembre 2016
Même chose à Angers où le maire (LR) Christophe Béchu a fait retirer toute les affiches de sa ville. Il explique, dans Le Courrier de l'Ouest et dans une lettre rendue publique sur Twitter que "les slogans choisis" et "les messages suggérés" ont "suscité un grand émoi auprès de nombreux Angevins".
@Perrinochka bonsoir, courrier adressé à JC Decaux. pic.twitter.com/fD8zyq97tg
— Christophe Bechu (@ChristopheBechu) 21 novembre 2016
Son adjoint Roch Brancour s'est, lui aussi, indigné de la campagne évoquant notamment "l'innocence bafouée" des enfants.
Les premières victimes de cette campagne irresponsable sont les enfants à l'innocence bafouée et les personnes homo reduites à leur libido pic.twitter.com/JYLEGTKS0o
— Roch Brancour ن (@rbrancour) 18 novembre 2016
En conséquence, la ministre des des Affaires sociales et de la Santé Marisol Touraine a annoncé attaquer ces maires en justice, "pour la santé publique et contre l'homophobie".
Pour la santé publique et contre l'homophobie, je saisis la justice après la censure par certains maires de la campagne de prévention du VIH
— Marisol Touraine (@MarisolTouraine) 22 novembre 2016
Épidémie de connards moyenâgeux."
Des initiatives qui n'ont pas manqué de faire réagir les internautes et certains responsables politiques de gauche. Ian Brossat, adjoint communiste à la mairie de Paris, fustige ainsi une "épidémie de connards moyenâgeux."
Après le Maire d'Aulnay, celui d'Angers retire l'affiche de prévention #VIH. Epidémie de connards moyennâgeux...
— Ian Brossat (@IanBrossat) 22 novembre 2016
Avant que la polémique ne prenne une telle ampleur, les ministres Marisol Touraine, Laurence Rossignol et Harlem Désir avaient défendu la campagne d'affichage avec le hashtag #LoveisLove.
Qu'elle a la chance de vivre dans un pays où on informe les gens, sans déni, pour les aider à se protéger contre des maladies graves. https://t.co/JdkCCfGcmS
— laurence rossignol (@laurossignol) 18 novembre 2016
Quelques uns refusent de voir 2 hommes ensemble, veulent censurer cette campagne ? Partagez la ! Vos RT sont la + belle réponse. #loveislove pic.twitter.com/nPfCfFxsBR
— Marisol Touraine (@MarisolTouraine) 18 novembre 2016
Soutenez la campagne de prévention contre le #VIH face à ceux qui veulent la censure et refusent de voir 2 hommes ensemble. #loveislove pic.twitter.com/wliYmueLd9
— Harlem Désir (@harlemdesir) 18 novembre 2016
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