Alain Juppé demande à François Fillon de "clarifier sa position" sur l'avortement
POLITIQUE - Il ne reste que quelques jours à Alain Juppé et François Fillon pour se départager avant le second tour de la primaire de la droite. Et le maire de Bordeaux, arrivé second au premier tour, mise clairement sur les questions sociales pour décrédibiliser son adversaire. A l'antenne d'Europe 1 ce mardi 23 novembre, il a appelé François Fillon à "clarifier sa position" sur l'avortement.
"Il y a des points sur lesquels j'aimerais bien que François Fillon clarifie sa position, par exemple sur l'avortement et l'interruption volontaire de grossesse. Il a commencé par dire dans son livre que c'était un droit fondamental de la femme, puis il est revenu sur cette déclaration dans un débat qu'il a eu devant un certain nombre de ses supporters. Quelle est sa position?" a interpellé le maire de Bordeaux.
La veille déjà, Alain Juppé avait dénoncé la vision "extrêmement traditionaliste" de son adversaire à la primaire de la droite, se disant "plus proche de la parole de Pape François" que de la "Manif pour tous".
Je considère que l'#IVG est un droit fondamental. #E1Matin #E1Primaire #JuppéPrésidentCest pic.twitter.com/eeVPBHruY2
— Alain Juppé (@alainjuppe) 22 novembre 2016
"Conviction religieuses" contre "intérêt général"
Le 22 juin à Aubergenville dans les Yvelines lors d'une réunion publique, François Fillon déclarait : "J'ai écrit, dans mon livre, que l'avortement était un droit fondamental. Ce n'est pas ce que je voulais dire. Ce que je voulais dire, c'est que c'est un droit sur lequel personne ne reviendra. Philosophiquement et compte tenu de ma foi personnelle, je ne peux pas approuver l'avortement."
Le 20 octobre sur France 2, interrogé sur le sujet, il répondait: "Je n'ai pas à m'expliquer sur mes convictions religieuses. Je suis capable de faire une différence entre ces convictions et l'intérêt général (...). Bien sûr que non" il n'est pas favorable à une interdiction de l'avortement.
Toutefois, pour Alain Juppé interrogé sur Europe 1, "c'est une différence entre nous, je considère que c'est un droit fondamental, il l'a écrit, il est revenu sur cette position, moi je n'ai pas changé d'avis".
Le maire de Bordeaux, longtemps favori dans les sondages pour cette primaire et qui tente désormais de rattraper son retard d'ici au second tour dimanche, a aussi soutenu qu'il était "plus engagé sur la question absolument centrale" de l'égalité hommes-femmes que François Fillon.
Alain Juppé a souligné le soutien apporté par Sens commun, émanation de la Manif pour tous au sein des Républicains, à François Fillon: "Ils ont des positions extrêmement conservatrices et traditionnalistes."
Juppé critique un programme économique "trop dur"
Le candidat au second tour de la primaire n'a toutefois "pas l'intention de faire une campagne d'affrontement personnel" face à François Fillon, qu'il retrouvera dans un débat de second tour jeudi et pour qui il a "de l'amitié et de l'estime".
Le maire de Bordeaux a estimé que son score relativement faible par rapport à François Fillon au premier tour s'expliquait par "la volonté chez certains électeurs d'éliminer Nicolas Sarkozy en se disant peut-être que moi j'étais qualifié à tous les coups".
Il a critiqué à nouveau le programme économique "trop dur", "pas réaliste", "excessif" de son adversaire là où le sien serait "ambitieux mais réaliste et crédible". Le projet Fillon "ne se fera pas (...) dans les délais qui sont annoncés", a-t-il accusé, citant les hausses de TVA supérieures aux siennes ou l'augmentation du temps de travail plus rapide des fonctionnaires que souhaite son adversaire.
Sur les relations internationales, Alain Juppé a également estimé qu'il ne fallait pas "se déculotter". "Il faut faire baisser la pression (avec la Russie) mais il y a des points où je suis en désaccord" a-t-il précisé.
Alors que son soutien François Bayrou laisse entendre au Figaro mardi qu'il pourrait être candidat face à François Fillon si Alain Juppé perdait dimanche, le maire de Bordeaux s'est montré ferme. "C'est (son) problème. Il me soutient mais nous n'avons pas conclu de pacte".
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