Mort le 19 février à l’âge de 84 ans, Umberto Eco,
«l’homme qui savait tout», considérait l’écriture de roman comme un amusement en marge de ses activités universitaires de sémiologue. Une distraction dont sont issus des succès éditoriaux phénoménaux, comme
Le Nom de la rose ou
Le pendule de Foucault, qui mêlent histoire, ésotérisme et suspense –Da Vinci Code et ses successeurs lui doivent tout. Le linguiste s’amusait également à écrire des parodies tout aussi érudites que drôles dans la presse italienne, qui ont été traduites et publiées en français en 1997, dans le recueil
Comment voyager avec un saumon. Des petits «modes d’emploi» pour la vie moderne, à lire comme «une contribution à l’analyse de la bêtise qui nous submerge, dans la culture et la vie quotidienne», avertissait-il. Umberto Eco s’est lancé dans l’art de la parodie et du pastiche avec un grand esprit de sérieux: «Je défends le droit au divertissement, surtout s’il sert à exercer le langage.» Selon lui, une bonne parodie se reconnaît à ce qu’elle finit par être dépassée par la réalité: «Si elle vise juste, [la parodie] ne fait que préfigurer ce que d’autres réaliseront sans rougir, avec une impassible et virile gravité.»
Comme son contemporain français,
Roland Barthes, qui a su populariser dans les années 1950 la science des signes, la
sémiologie, avec
ses textes consacrés aux mythes populaires (le Tour de France, la Citroën ...
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