Chèque énergie : le carburant des taxes qui étouffent le pouvoir d’achat
Dans un contexte d’augmentation générale des prix et de guerre au Moyen-Orient qui devrait la prolonger, Sébastien Lecornu vient d’annoncer que 3,8 millions de foyers, soit plus de 6 millions de Français, vont recevoir automatiquement, cette semaine, un chèque énergie pour alléger les factures d’électricité, de gaz, de fioul ou d’essence. Le montant moyen sera de 153 euros par foyer, pour un budget de 600 millions d’euros mobilisés par l’État. Le dispositif devrait être élargi à près de 700 000 foyers supplémentaires à partir du 1er mai 2026.
L’efficacité réelle de ce qui est présenté comme une bouée pour les ménages semble très limitée. Le ciblage élargit toujours plus les populations destinataires et les dépenses suivent : 424 millions d’euros en 2018, environ 813,5 millions en 2022, et un minimum de 600 millions cette année. Le gonflement progressif du budget signifie que les cibles sont de moins en moins bien définies : la Cour des comptes soulignait, dans un rapport de 2022, que la moitié des bénéficiaires du chèque énergie ne sont pas en situation de précarité énergétique, alors qu’un quart de ceux qui en souffrent réellement n’en profitent pas…
Plutôt que de continuer à injecter des centaines de millions dans un système inefficace tandis que la dette atteint des niveaux historiquement élevés (115,6 % du PIB au T4 2025), ne serait-il pas plus pertinent de chercher une solution structurelle qui profite directement aux Français et préserve le budget de l’État ?
C’est là que nous en venons aux taxes. Car oui, sur ce point, la France se distingue (encore) par un niveau très élevé. L’Opération Transparence menée par « 40 millions d’automobilistes » avec la Fédération nationale de l’automobile met en lumière la réalité économique derrière le prix affiché à la pompe : pour un litre vendu 2 euros, 1,17 euro correspond aux taxes sur l’essence et 1,09 euro sur le diesel, alors que la marge des stations-service est marginale, limitée à quelques centimes. Autrement dit, près de 60 % du prix payé par les Français est prélevé par l’État (un des niveaux les plus élevés d’Europe), qui n’en redistribue ensuite qu’une fraction avec le chèque énergie.
Au lieu de continuer à multiplier ces aides ponctuelles, baisser les taxes sur le carburant serait plus simple et bien plus efficace. Cela permettrait aux Français de décider eux-mêmes de l’usage de leur argent, et ainsi de restaurer leur pouvoir d’achat de manière durable, sans alourdir la dette publique (si une rationalisation des dépenses suit) ni rajouter inutilement des dispositifs de redistribution.
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