JO-2026: avant le super-G, Federica Brignone déjà géante
Il en faut de la foi pour tourner la page d'une double fracture du tibia-péroné et disputer, dix mois après cette terrible blessure, le rendez-vous le plus important de sa carrière, à domicile.
"Fede" n'en manque pas et la N.1 mondiale de l'hiver 2024-25 a réussi son incroyable pari: après une longue et souvent douloureuse rééducation, Brignone, 35 ans, a défilé le 6 février en tête de la délégation italienne lors de la cérémonie d'ouverture.
Deux jours plus tard, la Valdotaine a terminé à une honorable 10e place dans la descente olympique disputée sur la redoutable et exigeante "Olimpia delle Tofane", où le rêve olympique et le tibia gauche de l'Américaine Lindsey Vonn se sont fracassés.
De là à en faire une prétendante au podium du super-G ?
L'intéressée, auto-proclamée "Tigresse" en référence à son tempérament de feu, s'emploie depuis son arrivée à Cortina à calmer les attentes de ses compatriotes, même si le super-G est l'une de ses disciplines de prédilection avec le géant où elle a décroché 13 de ses 37 victoires en Coupe du monde.
"Ma jambe n'est pas guérie, a-t-elle rappelé, il y a de la douleur, je ne suis pas à 100%, je lutte tous les jours pour être en piste. Après la piste (...), je fais de la gym, après la gym, je dois faire de la thérapie... et je dois prendre des (médicaments) tous les jours, et ce n'est pas évident".
Goggia "sereine"
"Je ne suis pas celle que j'étais la saison dernière, je n'ai pas les mêmes kilomètres dans les jambes, pas la même confiance", a insisté Brignone.
L'hiver dernier, elle avait survolé la Coupe du monde en s'offrant dix victoires, dans trois disciplines différentes (cinq en géant, trois en super-G, deux en descente) pour un total de seize podiums en 25 départs !
Mais le 3 avril 2025, alors qu'elle est sur le point de conclure la meilleure saison de sa carrière, elle chute lourdement lors des Championnats d'Italie.
Elle doit être opérée d'urgence et sa participation à "ses" Jeux de Milan Cortina semble compromise. Après une longue convalescence, marquée notamment par une nouvelle opération fin juillet, Brignone a fait son retour sur les pistes en novembre d'abord comme une simple touriste, puis fin décembre avec ses coéquipières de l'équipe d'Italie.
Pour peaufiner sa préparation pré-JO, elle n'a pu disputer que deux courses, un géant (6e à Kronplatz) et un super-G (18e à Crans-Montana).
"Etre au départ de ces JO, c'est déjà quelque chose de spécial. Je suis déjà satisfaite de ce que j'ai réussi, mais si j'étais arrivée dans la forme que j'avais l'hiver dernier, tout aurait été différent", a-t-elle lâché, songeuse, après la descente.
Brignone n'est pas la seule Italienne à pouvoir briller mercredi. Après avoir complété sa collection de médailles en descente (3e dimanche après l'or en 2018 et l'argent en 2022), Sofia Goggia, leader de la Coupe du monde de la spécialité, a déjà l'esprit libéré: "Je me sens sereine et très bien physiquement", a-t-elle prévenu après son abandon dans le combiné par équipes.
Attention aussi à l'Allemande Emma Aicher qui a déjà rangé dans sa valise deux médailles d'argent (descente, combiné par équipes), à chaque fois à une poignée de centièmes de l'or.