Cinéma: Harris Dickinson, nouveau garçon dans le vent
Dans ce tumulte, Londres, sa ville de naissance, l'aide à conserver la tête froide. "J'ai l'impression que Londres me garde ancré", confie-t-il dans un entretien à l'AFP. "J'ai mes proches, ma famille, ma petite communauté là-bas".
La "hype" qui l'entoure ne cesse pourtant de s'amplifier depuis sa révélation comme top model désorienté et amoral dans "Sans filtre" de Ruben Östlund, Palme d'or à Cannes en 2022.
En 2024, "Babygirl" en a fait un jeune stagiaire pris dans une relation torride avec une Pdg campée par Nicole Kidman, et le réalisateur oscarisé Sam Mendes l'a choisi pour incarner John Lennon dans un biopic monumental sur les Beatles, qui sera découpé en quatre films pour autant de garçons dans le vent.
Le tournage est en cours et l'agenda de Dickinson très chargé. "Je me lève à 4h45 tous les jours et je rentre chez moi à 20h00", explique-t-il, ravi de travailler avec Sam Mendes ("American Beauty"...) qu'il voit comme un "réalisateur grand format".
Gueule d'ange, carrure d'athlète et regard triste, Harris Dickinson est également régulièrement cité parmi ceux qui pourraient reprendre le rôle de James Bond, laissé en friche par Daniel Craig depuis "Mourir peut attendre" en 2021.
"Obscurité"
En plus de ses caméos d'acteur, le Britannique a pris le temps de signer sa première réalisation, "Urchin", qui a eu les honneurs de la sélection cannoise au printemps 2025. La projection sur la Croisette, dans la catégorie Un certain regard, lui a causé des nausées en raison du stress.
Dickinson y filme les errements d'un sans-abri après sa sortie de prison, dont les écarts et les abus de psychotropes finissent par épuiser ses proches.
"C’est très courant, même pour des personnes avec une bonne structure familiale ou des amis, d'arriver à un point où plus personne ne veut les aider", explique le jeune cinéaste.
Le combat contre les comportements autodestructeurs ne lui est pas étranger, lui qui a vu les ravages de l'alcool dans sa famille et qui évolue dans une industrie du divertissement notoirement sujette aux addictions.
"Au final, la sécurité n'est garantie pour personne. Il faut un certain travail pour rester sur la bonne voie, surtout si l'on a des tendances addictives ou destructrices", assure-t-il.
Pour ses prochains rôles, Harris Dickinson veut sonder encore davantage la part sombre de l'humanité, lui qui se dit "intéressé par tout ce qui est apocalyptique, dystopique, ou film de survie".
"Je m'intéresse à l’idée de ce qui se passe quand la société s’effondre, ce qui se passe quand il ne nous reste rien ou qu'on est dépouillé de tout", affirme-t-il, même s'il prend soin de ne pas trop plonger dans les tourments réels de notre époque.
"Il m'arrive de traverser des périodes où je me coupe un peu de l’actualité parce que je peux devenir obsessionnel", relate-t-il. "Je ne pense pas que nos cerveaux et nos organismes soient conçus pour être aussi connectés à l’injustice, à la tragédie et à l’obscurité".