La rubrique d’Aktehom : Que faire si le contrôle analytique est le seul moyen de réduire le risque dans les produits pharmaceutiques ?
Les méthodes employées pour doser les nitrosamines sont des méthodes séparatives couplées à une détection spécifique par la masse (GC-MS/MS, LC-MS/MS ou GC-MS). En raison du principe même de ces méthodes, seules les nitrosamines spécifiquement ciblées lors de l’analyse peuvent être détectées. Pour les experts d’Aktehom, il est donc primordial de déterminer les composés à rechercher et quantifier, en s’appuyant sur les recommandations de la réglementation et par des rationnels scientifiques. Si aucun risque n’a été défini pour une nitrosamine cible, l’EMA conseille de rechercher préférentiellement des nitrosamines communément trouvées et référencées comme les plus cancérogènes. Cette liste comprenant une quinzaine de composés peut être élargie ou réduite, selon une approche systématique basée sur le risque et la science. La pertinence du dosage d’une nitrosamine est toujours évaluée. Par exemple, la recherche de NNN (molécule dérivée de la nicotine) n’est, a priori, pas à privilégier dans un produit pharmaceutique. En revanche, d’autres nitrosamines (NMPA, NMBA) sont des dérivées de polymères communément utilisés, pouvant se retrouver dans certains équipement ou contenant et être relargués au cours du procédé de fabrication. L’ EMA met à disposition une base de données régulièrement mise à jour permettant de référencer toutes les nitrosamines connues et pouvant alimenter le choix de dosage (2) . L’analyse des nitrosamines est privilégiée sur le produit fini selon les recommandations des autorités. Toutefois, le choix de l’échantillon peut être adapté en fonction de la source de contamination identifiée, en ciblant si nécessaire une matière première ou le produit à un stade intermédiaire du procédé. Ce choix peut aussi être contraint par la matrice de l’échantillon pouvant rendre les résultats non interprétables sans développement spécifique d’une méthode.