Ballon d’Or : Romario ne digère toujours pas
Il a été l’un des plus grands buteurs de l’histoire, un « serial buteur » au talent pur, un génie qui a marqué son époque. Champion du monde en 1994, idole du peuple brésilien, Romario a tout gagné, ou presque. Car dans son immense palmarès, il manque une ligne, la plus prestigieuse de toutes, celle qui récompense le meilleur joueur du monde. Un trophée qui lui a échappé, non pas sur le terrain, mais à cause d’un règlement absurde, et qui continue, trente ans après, de le hanter.
« J’étais dégoûté de ne pas avoir remporté ce Ballon d’Or »
Dans un entretien accordé à France Football, la légende brésilienne est revenue sur cette « injustice ». L’année 1994 est celle de son apogée. Il survole la Coupe du Monde aux États-Unis, menant le Brésil au titre suprême, et flambe avec le FC Barcelone. Il est, sans conteste, le meilleur joueur de la planète. Mais le Ballon d’Or, à l’époque, est réservé aux seuls joueurs européens. Il lui passe sous le nez et atterrit dans les mains de son coéquipier au Barça, le Bulgare Hristo Stoitchkov.
« Je ne sais pas si j’aurais gagné facilement le Ballon d’Or 1994. Mais j’aurais été un candidat très sérieux », confie-t-il, avec une pointe d’amertume. « La vérité, c’est que j’étais dégoûté de ne pas avoir remporté ce Ballon d’Or ». Une frustration immense, à peine atténuée par le fait que ce soit son ami et partenaire qui ait été sacré. « Comme c’est lui qui a gagné, ma colère a été moins forte », avoue-t-il.
Une injustice corrigée… un an trop tard
Le plus cruel dans cette histoire, c’est que le règlement a changé l’année suivante. En 1995, le Ballon d’Or s’est ouvert aux joueurs non-européens évoluant en Europe, et c’est le Libérien George Weah qui en a été le premier lauréat. Un an trop tard pour Romario. Une injustice qui le prive d’une reconnaissance qu’il aurait amplement méritée.
Aujourd’hui, alors qu’il observe avec un œil critique le déclin de la Seleção, il ne peut s’empêcher de repenser à cette époque dorée. Une époque où il était le roi, un roi sans couronne. Son palmarès est immense, sa légende intacte. Mais ce Ballon d’Or manqué restera à jamais comme la plus grande cicatrice de sa carrière.