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"Notre écart de richesse avec les Etats-Unis est comparable aux années 1960" : l'alerte de l'économiste Antonin Bergeaud

Il est l'une des stars montantes de l'économie. Disciple du prix Nobel Philippe Aghion, prix du meilleur jeune économiste en 2025 et professeur à HEC, Antonin Bergeaud est un spécialiste de productivité et d'innovation. Dans La Prospérité retrouvée (Odile Jacob), il montre à quel point la stagnation de la productivité en France et en Europe est indéniable, et particulièrement préoccupante par rapport aux Etats-Unis et à la Chine, contredisant ainsi son confrère Gabriel Zucman. Sans croissance, impossible de financer notre modèle social et les valeurs de solidarité et de durabilité auxquelles nous tenons en Europe. Mais Antonin Bergeaud avance aussi des pistes pour que l'Europe puisse rattraper son retard, sans y perdre son âme.

L'Express : A quel point la France et l’Europe ont-elles décroché par rapport aux Etats-Unis en matière de croissance ?

Antonin Bergeaud : La France et l’Europe partagent la même situation. Le premier graphique du rapport Draghi montre l’évolution du PIB par habitant. A la sortie de la Seconde Guerre mondiale, nous en étions à la moitié du niveau américain. Ensuite, avec les Trente Glorieuses, il y a eu une rapide convergence, l’Europe ayant rattrapé son retard jusque dans les années 1980-1990. Mais aujourd’hui, nous nous retrouvons à nouveau avec un écart similaire à celui que nous avions connu dans les années 1960, avec un PIB par habitant qui se situe à environ 65% du niveau américain.

Des économistes, comme Gabriel Zucman, ont contesté la pertinence de ces mesures et la réalité d’un décrochage par rapport aux Etats-Unis…

C’est un débat important que celui de savoir si le niveau de vie en Europe est supérieur ou inférieur à celui des Etats-Unis. Mais outre le PIB par habitant, nous disposons de nombreux indicateurs pour comparer l’Europe et les Etats-Unis. On peut regarder les licornes, les brevets, les dépenses de recherche et développement, le nombre d’entreprises parmi les 1000 premières au monde en termes de cotation… Or, beaucoup de ces indicateurs vont dans le même sens. Le constat est clair et préoccupant car il interroge notre capacité à maintenir notre niveau de vie : si cette trajectoire divergente entre l’Europe et les Etats-Unis se prolonge, il nous sera de plus en plus difficile de la corriger. Si notre croissance ne redémarre pas, nous ne pourrons plus financer les dépenses pour la transition énergétique, celles pour mitiger le changement démographique et le vieillissement de la population, et bien sûr notre sécurité sociale et les transferts servant à réduire les inégalités. Tout ça coûte beaucoup.

Jusque dans les années 2000, l’Europe générait assez de croissance. Pendant les Trente Glorieuses, nous sommes mêmes arrivés à réduire notre temps de travail tout en nous enrichissant. Entre 1950 et 1980, la consommation par habitant a été multipliée par trois, tandis que la durée annuelle du travail par personne diminuait d’environ 400 heures. Mais aujourd’hui, nous sommes confrontés à un choix : soit renoncer à certaines valeurs auxquelles nous tenons, tout en acceptant d’être durablement plus pauvres que les Etats-Unis, ou alors essayer de relancer la croissance.

Quels sont les leviers possibles pour renouer avec la croissance ?

L’option la plus simple d’un point de vue économique, c’est de travailler plus. Si on décale l’âge de départ à la retraite, cela augmentera automatiquement la croissance. C’est aussi une solution de court terme et qui est coûteuse politiquement et socialement. L’autre option, c’est d’augmenter la productivité, c’est-à-dire la valeur économique produite avec une heure de travail. Pour cela, il y a aujourd’hui deux modèles : les Etats-Unis et la Chine. Il faut regarder ce qui fonctionne ou non aux Etats-Unis, qui ont 3% de croissance cette année. On peut par exemple s’inspirer de leur politique industrielle proactive.

On pénalise beaucoup trop l’échec en Europe.

La difficulté, c’est que l’Europe est un continent fragmenté, constitué de nombreux pays petits ou moyens, qui individuellement ne peuvent plus assurer une politique industrielle d’une ampleur suffisante pour produire des effets. Par rapport aux années 1960, nos États sont bien plus endettés. Surtout, les technologies qui créent de la valeur – IA, numérique, biotechs…- nécessitent un marché très grand. Avant, un constructeur automobile pouvait se reposer sur son marché national, car la technologie se diffusait vite. Même si vous étiez un temps dépassé, vous pouviez rattraper votre retard en quelques années. Mais désormais, la concurrence se joue surtout sur les quantités de données. On ne peut pas simplement copier les géants numériques. On aura par exemple du mal à rattraper Google, sauf à accumuler des données, ce qui est possible au niveau européen, pas national. Mais l’Europe n’est pas un continent unique avec des objectifs communs. Nous ne disposons pas des institutions capables de gérer ça de manière efficace, car nous restons attachés à l’échelon national. On veut être certain que ce qui se fait au niveau européen ait des retombées locales.

Politiquement, il y a aujourd’hui une forte nostalgie pour les Trente Glorieuses. Mais pourquoi un retour en arrière aux politiques industrielles de cette époque est-il illusoire ?

L’empreinte environnementale de la croissance des Trente Glorieuses serait insoutenable aujourd’hui, en matière de pétrole et de ressources carbonées. En plus, pour des raisons géopolitiques, l’offre de pétrole s’ajustait parfaitement à la croissance jusqu’aux chocs pétroliers des années 1970.

Mais même la politique industrielle de l’époque, avec un État faisant de la commande publique massive, n’est plus possible. Airbus a connu le succès parce que les compagnies nationales européennes ont commandé de nombreux avions. Or, on a arrêté ce modèle dans les années 1980. Pour faciliter la construction européenne, les États nationaux ont été empêchés d’intervenir directement dans leur économie, nous liant ainsi les mains dans le dos. Ce qui fait que les États n’ont pas investi massivement dans le début des technologies numériques. Aujourd’hui, il y a à nouveau de grands programmes d’investissement, mais cela reste souvent au niveau national, ce qui est trop modeste par rapport à ce qu’il faudrait faire.

Nous pouvons selon vous agir pour limiter la fuite du capital humain et des talents, ce qui reste un point fort de l’Europe…

De nombreux chercheurs et entrepreneurs européens partent à l’étranger. 7% des start-up européennes s’installent chaque année aux Etats-Unis, et ce sont plutôt les meilleurs qui font cela. Or, quand on investit à travers des politiques publiques pour combler le retard, une partie de ces entreprises vont prendre cet argent afin de quitter l’Europe.

Quand on interroge les entrepreneurs sur les raisons sur les causes de leur exil, ils mettent en avant un manque de financement et de capitaux nécessaires pour prendre des risques. Il faut des dizaines ou des centaines de millions d’euros pour des entreprises pas encore profitables, basées sur une idée ou un pari. L’une des raisons de ce manque de capitaux, c’est que la rentabilité des entreprises européennes est inférieure à celle des entreprises américaines, du fait de coûts de fonctionnements supplémentaires. Il y a des régulations plus strictes, à l’image du RGPD ou de l’AI Act. On pénalise aussi beaucoup trop l’échec en Europe. C’est aussi le cas en matière environnementale ou pour la flexibilité du marché du travail. En Europe, si vous prenez le risque de recruter 10000 personnes et que vous devez ensuite en licencier, vous savez qu’il faudra payer bien plus cher qu’aux Etats-Unis.

La solution, ce n’est surtout pas d’imiter aveuglément les Etats-Unis et d’arrêter les régulations environnementales ou celles pour l’emploi. Mais nous devons avoir conscience que ces valeurs, auxquelles nous tenons, ont un coût. L’une des difficultés en Europe, qui alimente le pessimisme ambiant, c’est que nous refusons de décider. Dans les discours officiels, ceux d’Emmanuel Macron comme de la Commission, on affiche l’ambition d’être dans la course à l’IA, mais on ne se donne pas les moyens ni économiques, ni institutionnels. On veut tout en même temps. Or, tant que nous ne ferons pas de vrais choix, cela ne réglera pas la question de la dette, qui nous expose à des chocs négatifs, comme celui actuel du pétrole…

Faut-il changer le rapport au risque des Européens ?

Les études montrent que les Européens sont plus averses au risque que les Américains. Chez nous, les nouvelles technologies se diffusent bien plus lentement dans les entreprises. Aux Etats-Unis, il y a déjà des voitures autonomes avec Uber. Cela fonctionne bien. En Europe, elles ne sont toujours pas autorisées, ou alors extrêmement contrôlées.

Cette aversion au risque est-elle culturelle ? Ou est-ce parce que nous avons des institutions trop rigides qui pénalisent lourdement l’échec ? C’est un peu le paradoxe de l’œuf et de la poule. Dans tous les cas, notre rapport au risque ralentit la diffusion des nouvelles technologies. Pour l’IA, cela peut être une bonne chose de ne pas suivre la course effrénée aux investissements pour les data centers, tout en réfléchissant à comment protéger les personnes. Mais dans ce cas, il ne faut pas s’attendre à 3% de croissance comme aux Etats-Unis.

Et comment faire face à la fuite des capitaux ?

L’Europe a beaucoup d’épargne. Le taux d’épargne privée dépasse les 25%, un niveau très élevé au regard des standards internationaux. Mais cette épargne est moins placée dans les investissements et les actions. Il s’agit plutôt de livrets, de dépôts bancaires ou d’assurances-vie, qui servent d’ailleurs à financer la dette. En revanche, cela n’aide pas assez à financer l’économie d’innovation. Là encore, l’aversion au risque nous pénalise. Mais il y a aussi un manque de culture financière. Cela change un peu avec des jeunes qui investissent dans les cryptomonnaies. Mais beaucoup de Français ne savent toujours pas la différence entre une action et une obligation, ou d’autres produits bancaires plus complexes. En Allemagne et aux Pays-Bas, ou l’épargne est abondante, les investisseurs achètent plus des ETF [Exchange-Traded Funds, ou fonds indiciels cotés NDLR ], présentés comme plus sûrs, mais qui bénéficient essentiellement aux entreprises américaines.

Dans tous les cas, l’Europe a de l’argent, mais les entreprises expliquent ne pas disposer d’assez de financements. Une piste, c’est l’Union des marchés de capitaux. Mais cela ne réglera pas le problème de l’aversion au risque, ni celui de la rentabilité des entreprises européennes. Nous pourrions commencer par proposer des produits financiers plus transparents, plus clairs, rendant l’investissement beaucoup plus concret pour dépasser ce blocage culturel.

Préconisez-vous d’autres remèdes ?

Il n’y a pas de solution miracle. Le problème, c’est que si nous voulons vraiment changer de modèle économique, il nous faut un débat sur la pertinence des traités européens, et des limites qu’ils font peser sur une politique industrielle européenne. Nous pourrions par exemple nous inspirer des agences fédérales américaines. Mais cela nécessite un débat démocratique, aujourd’hui très compliqué vu l’état de l’euroscepticisme dans les différents pays.

De manière plus globale, l’Europe doit prendre conscience qu’elle reste un continent puissant, peuplé, avec des succès d’innovation, des bons chercheurs demandés aux Etats-Unis… Nous sommes encore pertinents dans notre capacité à innover. En revanche, il faut réfléchir à ce que sera le futur de la technologie pour un Européen. Au sujet de l’IA, on parle beaucoup d’énergie nécessaire aux data centers, mais aussi de risques pour la vie privée. Or, en Europe, nous avons anticipé tout ça. Des start-up européennes proposent des modèles d’IA plus frugaux. Quand la facture énergétique explosera aux Etats-Unis et que les vols de données privées seront un problème récurrent, peut-être que le consommateur américain se retournera vers des solutions européennes. C’est en tout cas un pari stratégique intéressant, plutôt que de suivre les Américains et les Chinois dans leur course à l’IA.

Restez-vous optimiste ?

Je suis poussé au pessimisme en voyant qu’il y a encore des débats en France sur la réalité de ce décrochage économique. Le rapport Draghi n’a rien inventé, mais a regroupé un nombre important de diagnostics montrant ce qui ne va pas. Aujourd’hui, il a un relatif consensus parmi les économistes européens là-dessus.

En France, les perspectives de croissance, notamment celle de la productivité, ne sont pas suffisantes pour soutenir notre modèle social et compenser le vieillissement. Nous sommes donc obligés de continuer à nous endetter ou de couper dans notre budget. A court terme, la situation n’est guère joyeuse. Mais à long terme, nous avons tout pour réussir.

La Prospérité retrouvée, par Antonin Bergeaud. Odile Jacob, 237 p., 18,99 €.



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