Le FMI pointe les fragilités du modèle économique chinois
Dans un récent discours prononcé lors du China Development Forum, le directeur général adjoint du FMI, Dan Katz, n’a pas épargné le modèle économique chinois. S’il a salué « l’une des réalisations les plus impressionnantes de l’histoire de l’économie mondiale », il a également mis en lumière les déséquilibres de plus en plus nombreux qui fragilisent le modèle.
En 1978, au début de la politique de « réforme et ouverture », la Chine faisait partie des pays les plus pauvres du monde, rappelle Katz. Quarante ans plus tard, elle est devenue la deuxième économie mondiale, avec plus de 800 millions de personnes sorties de l’extrême pauvreté. Entre 1999 et 2015, la part des revenus industriels totaux des entreprises publiques est ainsi passée d’environ 50 % à 20 %, bien que « ces dernières années, le rôle accru du secteur privé s’est figé ».
Selon Dan Katz, la croissance ralentit, notamment en raison d’une « allocation des ressources moins efficace » et d’une baisse des rendements de l’investissement. À cela s’ajoute une forte pression démographique, ainsi qu’un risque « de pressions déflationnistes qui risquent de s’enraciner si la demande intérieure — et surtout la consommation — reste faible ».
La Chine représente déjà environ 30 % de la production manufacturière mondiale. Dans ce contexte, poursuivre une stratégie étatiste fondée sur l’expansion industrielle semble de moins en moins soutenable, alors que d’autres secteurs, comme celui des services, sont encore sous-développés.
Le système actuel de subventions, de crédits bon marché et d’avantages fiscaux accordés à certains secteurs est critiqué pour ses effets pervers. Selon les estimations du FMI, « réduire le traitement préférentiel accordé à certaines entreprises et secteurs pourrait augmenter la productivité globale de plus de 1 %, augmentant à son tour le niveau du PIB chinois jusqu’à 2 % ». Un gain non-négligeable, mais qui suppose d’accepter une remise en cause des pratiques étatistes chinoises.
Dans le même esprit, Dan Katz appelle à une plus grande flexibilité du marché. Le financement d’entreprises peu productives a contribué à une hausse de la dette et à une surproduction dans certains secteurs. De plus, concernant la crise de l’immobilier, il explique que « permettre une plus grande flexibilité des prix de l’immobilier aiderait à éliminer l’excès qui pèse sur la confiance des ménages et des entreprises ».
Le succès passé de la Chine (mais aussi de l’économie mondiale) repose en partie sur l’introduction progressive des mécanismes de marché et de liberté, et son avenir dépendra de leur approfondissement. « Les forces du marché » est le facteur clé d’une croissance durable.
Finalement, pour le FMI, la résilience future de la Chine dépendra de sa capacité à libérer pleinement le potentiel de son secteur privé et de redéfinir urgemment le rôle de l’Etat dans l’économie chinoise.
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