La crise du détroit d’Ormuz et les déclarations incohérentes de Trump
La crise du détroit d’Ormuz s’intensifie, avec des pénuries de carburants de plus en plus graves en Afrique et Asie et surtout des déclarations… perturbantes de Donald Trump. Le président américain a en effet déclaré mardi que les Etats-Unis « ne seraient plus là pour aider » les pays dont l’approvisionnement en pétrole dépend du détroit d’Ormuz.
« J’ai une suggestion pour tous ces pays qui n’ont plus de kérosène à cause du détroit d’Ormuz, comme le Royaume-Uni, qui a refusé de s’impliquer dans la décapitation de l’Iran : 1.Achetez auprès des Etats-Unis, nous en avons plein, 2. Trouvez du courage, avec retard, allez jusqu’au détroit et PRENEZ le tout simplement », a-t-il écrit sur son réseau Truth Social. « Vous allez devoir apprendre à vous défendre vous-mêmes, les Etats-Unis ne seront plus là pour vous, de la même manière que vous n’avez pas été là pour nous. L’Iran a été, pour l’essentiel, décimé. Le plus dur est fait. Allez chercher votre propre pétrole ! », a conclu le président américain.
Une déclaration très étonnante dans la mesure où il s’était dit capable il y a huit jours de rouvrir le détroit d’Ormuz rapidement sans l’aide des alliés de l’OTAN. Maintenant il appelle ces derniers à prendre leurs responsabilités pour rétablir la liberté de circulation de cette artère vitale pour l’approvisionnement mondial, alors que les Etats-Unis n’ont rien fait en ce sens, n’osant pas déployer ne serait-ce qu’une frégate à l’intérieur du Golfe Persique. Des incohérences qui posent question : Donald Trump suit-il une stratégie, à vrai dire pas nouvelle, consistant à dire tout et son contraire pour perturber alliés, adversaires et ennemis tout en suivant en fait un mystérieux plan cohérent ? Peut-être, mais il convient alors de remarquer que les opérations militaires, brillantes, de Washington et Jérusalem semblent ne plus permettre de progresser dans les objectifs politiques initiaux, détruire l’intégralité des sites nucléaires et de missiles balistiques iraniens.
Le président américain, qui prétendait vouloir boucler en six semaines maximum l’opération militaire lancée contre l’Iran le 28 février, avait déjà indiqué auparavant que la réouverture du détroit, artère vitale pour le transport mondial de brut, n’était pas un impératif pour lui. Il a plusieurs fois affirmé que la première puissance mondiale, qui produit une bonne partie du pétrole qu’elle consomme et importe le reste essentiellement du Canada et du Mexique, n’était pas affectée par la fermeture par l’Iran du détroit d’Ormuz, à l’inverse des pays d’Asie et d’Afrique (l’Ethiopie a ainsi annoncé mardi des restrictions de distribution de carburant). Ce qui est physiquement vrai, mais n’empêche pas la crise d’impacter déjà profondément l’économie américaine, avec un prix à la pompe qui vient de dépasser 4 dollars le gallon, au plus haut depuis des années.
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