En deux ans, 40% d’ouvertures d’usines en moins
Le baromètre industriel de l’État qui vient d’être publié essaie de ne pas être trop défaitiste. Il évoque « une dynamique d’ouvertures qui résiste mais des fermetures qui augmentent » et se félicite d’avoir un solde net d’ouvertures et d’extensions de sites industriels de 19 en 2025.
Si l’on se fie aux seuls chiffres d’ouvertures (103) et de fermetures (160) d’usines l’année dernière, force est de constater que le solde est négatif (-57). Il l’était déjà en 2024, mais seulement de 6 unités. Et en 2023, année faste, il était largement positif avec 170 ouvertures contre 111 fermetures (+59). Entre 2023 et 2025, les ouvertures ont donc chuté de 40%, et les fermetures ont progressé de 44%. Nouvelle preuve que notre économie se dégrade à grands pas.
Si le ministère de l’Économie et des Finances voit le verre à moitié plein, c’est parce qu’il comptabilise les extensions significatives – celles qui représentent une augmentation de plus de 40% de la capacité de production, de la valeur ajoutée et/ou des effectifs salariés et/ou une augmentation pérenne de 50 salariés. De fait, elles ont été de 158 l’année dernière, alors que les réductions étaient de 82. Si, au cours des quatre dernières années, le nombre d’extensions se maintient, voire progresse légèrement (151 en 2022, 152 en 2024, 158 en 2025), celui des fermetures, en revanche, se dégrade fortement. Passant de 24 en 2022 à 82 en 2025, elles ont en effet progressé de plus de 240%.
Fort heureusement, nous avons un ministre délégué chargé de l’industrie, Sébastien Martin, qui est contre les fermetures d’usines. Jeudi 26 mars 2026, il participait à Pont-de-Claix (Isère) aux Assises du « made in France » organisées par la CGT, et a promis à Sophie Binet qu’il continuerait à se battre.
Se battre, cela signifie sans doute subventionner. Dans son communiqué de presse, le ministère insiste sur le fait que « l’État continue de soutenir l’industrie française à l’échelon national via de nombreux dispositifs de financement ». Il promet même « des créations de sites dans les prochains mois » grâce à des dispositifs qui viennent d’être reconduits comme le crédit d’impôt industrie verte, l’appel à projets « Première usine » et la régionalisation de France 2030.
D’ailleurs, le baromètre industriel de l’État montre très bien que les secteurs qui ouvrent plus d’usines qu’ils n’en ferment sont principalement les industries vertes subventionnées, et celles de la défense et du spatial dépendantes des commandes de l’État.
Baisser les impôts, notamment ceux sur la production, réduire les réglementations, combattre l’instabilité normative, alléger le coût du travail… ne sont pas des solutions qui apparaissent dans le communiqué du ministère.
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