Faut-il un revenu universel pour atténuer les effets destructeurs de l’IA ?
« L’IA va-t-elle réduire les emplois ou la productivité ? », nous interrogions-nous il y a quelques jours. A vrai dire, nous n’en savons rien mais les géants de l’intelligence artificielle (IA), et de la « tech » en général, sont tellement persuadés que leur technologie va remplacer l’homme qu’ils cherchent des solutions pour que celui-ci puisse, malgré tout, survivre.
Une de leurs « trouvailles » est le revenu universel. Des entrepreneurs très connus, comme Elon Musk (Tesla), Sam Altman (OpenAI) ou Jack Dorsey (cofondateur de Twitter), promeuvent ainsi le versement sans restriction d’une allocation de base. Pourtant les expériences en la matière n’ont jusqu’alors guère été probantes.
Celle qui a consisté à verser 1000 dollars par mois à des participants à faibles revenus du Texas et de l’Illinois, tandis qu’un groupe témoin recevait 50 dollars par mois, tendrait même à prouver que l’allocation la plus élevée a un effet dissuasif sur le travail. Trois ans après les premiers versements, les chercheurs ont constaté que les personnes qui recevaient 1000 dollars travaillaient moins d’heures que celles qui recevaient 50 dollars.
Il y a quelques semaines, l’American Enterprise Institute a publié une étude de Kevin Corinth et Hannah Mayhew portant sur 122 projets pilotes de revenu de base menés entre 2017 et 2025 dans 33 États américains ainsi que dans le district de Columbia. Seuls 30 d’entre eux ont fourni des données sur l’emploi. Il est donc difficile d’en tirer des conclusions définitives, surtout que les projets variaient considérablement quant à leur conception, à leur envergure, à la collecte des données et à la qualité des évaluations. Ces dernières reposent, dans de nombreux cas, exclusivement sur des enquêtes et sont donc sujettes à des biais de déclaration et de non-réponse. Pour Corinth et Mayhew toutefois, les études les plus vastes et les plus crédibles démontrent toutes que le revenu universel a un impact négatif sur la motivation au travail.
Comme l’écrit Jason L. Riley dans le Wall Street Journal, « Quels que soient les changements que l’IA réserve au marché du travail, elle ne changera pas la nature humaine. Donner de l’argent aux gens, qu’ils travaillent ou non, n’augmentera probablement pas le nombre de travailleurs ni leur productivité. »
« Les milliardaires de la tech, soucieux de redorer leur image, semblent croire que l’éthique du travail est une caractéristique superflue d’une société de marché, souligne Riley. Ce n’est pas le cas. Si les partisans du revenu de base parviennent à leurs fins, l’un des héritages de l’IA pourrait être d’obliger les générations futures à réapprendre ces douloureuses leçons. »
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