Un ancien de Liverpool dérape sur la mémoire de Gérard Houllier
Le football a ses raisons que la raison ignore, et ses rancœurs tenaces. Ce week-end, à l’occasion d’un match de charité, les légendes de Liverpool sont de retour à Anfield. L’occasion de célébrer le passé glorieux du club, de communier avec un public qui ne les a pas oubliées. Mais pour l’un d’entre eux, ce retour a aussi été l’occasion de régler des comptes, de rouvrir une plaie qui, visiblement, n’a jamais vraiment cicatrisé. Et sa cible est un homme qui n’est plus là pour se défendre.
« A cause de Houllier, j’ai failli arrêté le football »
Cet homme, c’est Sander Westerveld. L’ancien gardien de but néerlandais, héros de la folle saison 2001 où les Reds ont remporté cinq trophées, a profité de ce retour pour livrer sa vérité sur son départ brutal du club. Et ses mots sont d’une rare violence. « J’ai été dégoûté par ce que le manager de Liverpool m’a fait », a-t-il lâché dans un entretien à Liverpool Echo, sans nommer directement Gérard Houllier. « Cette période a été la plus sombre de ma carrière. Au lieu de me donner l’opportunité de me battre pour ma place, Houllier m’a viré sans pitié. J’ai pensé à arrêter le football ».
Le point de rupture ? Une erreur, une seule, face à Bolton, qui a poussé l’entraîneur français à recruter dans la foulée deux nouveaux gardiens, Jerzy Dudek et Chris Kirkland, reléguant le Néerlandais au rang de numéro trois, puis à l’écarter des listes pour la Ligue des Champions. Une humiliation pour un joueur qui venait de disputer 61 matches dans la saison et qui se sentait trahi. « Houllier m’avait promis que je serais son numéro un, quoi qu’il arrive », a-t-il déploré avec amertume.
Une sortie qui ne passe pas
Cette sortie médiatique, plus de vingt-quatre ans après les faits, a de quoi surprendre, et même choquer. Si la frustration de Sander Westerveld peut se comprendre, s’attaquer de la sorte à la mémoire d’un homme qui est décédé en 2020 est pour le moins discutable. Gérard Houllier, comme tous les entraîneurs, a fait des choix, parfois durs, souvent contestés. Mais il les a toujours assumés.
Le football est fait de gloire et de désillusions. David Ginola, lui aussi en conflit avec Houllier, a eu l’élégance de régler ses comptes de son vivant. Westerveld, en choisissant de remuer le passé de cette manière, a manqué une occasion de se taire. Sa rancœur est peut-être légitime, mais son timing est déplorable.