Le coup de force de Benatia qui met le feu à l’OM
Il est arrivé en sauveur, en enfant du pays revenu pour remettre de l’ordre dans un club à la dérive. D’abord conseiller, puis directeur du football, Medhi Benatia est aujourd’hui l’homme fort de l’Olympique de Marseille, celui qui a les pleins pouvoirs sportifs depuis la mise à l’écart de Pablo Longoria. Un nouveau statut qui s’accompagne d’une nouvelle méthode, bien loin de l’image du communicant affable et accessible qu’il avait à son arrivée. Le nouveau patron a décidé de verrouiller la communication, et gare à ceux qui ne rentrent pas dans le rang.
La dérive autoritaire de Benatia
La première victime de ce virage autoritaire, c’est le quotidien régional La Provence. Depuis deux semaines, ses journalistes sont purement et simplement interdits de poser des questions lors des conférences de presse du club. Un boycott « inacceptable » et « intolérable », selon l’Union des Journalistes de Sport en France (UJSF), qui a publié ce jeudi un communiqué cinglant pour dénoncer cette atteinte à la liberté de la presse. Le syndicat, présidé par Vincent Duluc, a même menacé de saisir la justice.
La raison de ce bras de fer ? Un dossier « à charge » publié par le journal le 12 mars dernier, qui décrivait la montée en puissance de Benatia, sa « chasse aux taupes » et son contrôle de la communication. Un article qui a visiblement piqué l’homme fort de l’OM au vif. Plutôt que de répondre sur le fond, il a choisi la censure. Une méthode brutale, qui en dit long sur sa nouvelle posture.
Du communicant affable au « tyran en coulisses »
Ce changement de style est radical. Lui qui était si expansif et si présent dans les médias à ses débuts a choisi de se murer dans le silence et d’agir en coulisses. Il s’est entouré de fidèles, a fait le vide autour de lui, et ne tolère plus la moindre critique. Une dérive qui inquiète et qui rappelle de sombres heures.
Ce bras de fer avec La Provence est bien plus qu’une simple anecdote. Il est le symbole d’un club qui se crispe, qui se referme sur lui-même, et où la parole est de moins en moins libre. Medhi Benatia a voulu faire un exemple, montrer qui était le patron. Il a surtout réussi à se mettre à dos une partie de la presse et à renforcer l’image d’un club où la transparence n’est plus qu’un lointain souvenir.