La Ville de Paris continue de lutter tous azimuts contre Airbnb
Avec l’élection d’Emmanuel Grégoire, il faut s’attendre à un combat accru et contreproductif contre les locations touristiques. Contrepoints a multiplié les pendules ces dernières années pour marteler combien la lutte contre les plateformes du type Airbnb était tout à la fois violatrice du droit de propriété et contreproductive. Pourtant, les hommes politiques défavorables à la location touristique ne tirent aucune leçon des échecs de la réglementation, français comme étrangers.
En ce sens, l’élection d’Emmanuel Grégoire comme Maire de Paris ne peut qu’inquiéter. Le Figaro, sous le titre « Résidences secondaires, préemptions, loyers encadrés : les mesures chocs qui attendent les propriétaires après la victoire de la gauche à Paris », a fait le point sur les principales mesures immobilières à attendre et la synthèse fait froid dans le dos.
Sur la question de la location touristique, les déclarations de Emmanuel Grégoire avant son élection ont été assez contradictoires. On a souvent retenu l’idée qu’il aurait voulu interdire Airbnb et consorts dans la capitale, mais en réalité, ce projet étant évidemment et heureusement impossible, il s’agissait, comme pour tout bon socialiste qui se respecte, de combattre la vile spéculation en prohibant la location des résidences secondaires, en limitant drastiquement celle des résidences principales et en luttant contre le fléau des logements vacants.
En réalité, la location par une plateforme de type Airbnb d’une résidence secondaire est tellement compliquée qu’elle est quasiment impossible, puisqu’il faut proposer une compensation sous la forme d’un autre logement à la location (Challenges, 11 avril 2025). Et ce, d’autant plus que le Conseil constitutionnel (décision n° 2025-1186 QPC, 19 mars 2026) vient de valider la possibilité de l’interdiction d’une telle location par un règlement de copropriété en conformité avec la loi du 19 novembre 2024. Une loi qui, rappelons-le, était consécutive à une proposition dite « transpartisane » et portée par Renaissance : comme quoi, le socialisme de droite comme de gauche se porte bien ! Quant à la transformation de locaux de bureaux ou de commerce, elle suppose un changement de destination fort complexe. Et d’ores et déjà, la Marie de Paris interdit les nouvelles créations dans de nombreux arrondissements. Elle va donc concentrer son tir sur les locations touristiques de résidence principale.
Les batailles judiciaires s’enchaînent à l’initiative de la Ville, plus de 120, paraît-il, en première instance, plus de 20 en appel, sans parler des instances pendantes devant la Cour de cassation.
On ne peut donc que le redire : cet acharnement contre les locations touristiques est un non-sens. Raréfier encore plus l’offre de logements ne résoudra pas le problème ; interdire, de droit ou de fait, une location touristique ne permettra pas de disposer de plus de logements pour des locations de longue durée ! Mais nos hommes politiques sont désespérants : ils continueront d’empiler de nouvelles normes pour tenter de pallier les échecs de la réglementation et ils aggraveront encore la pénurie de logements.
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