Le CESE s’occupe maintenant de la… « menace masculiniste ». Vivement sa suppression !
Le 25 mars, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a organisé une séance plénière intitulée « Défense de nos principes démocratiques face aux stratégies anti-genre ». Elle avait pour but de présenter un projet de résolution du CESE à ce sujet, présenté au nom de la délégation aux Droits des femmes et à l’égalité. Cette résolution concerne plus particulièrement les mouvements dits « masculinistes », qui remettraient en cause les « droits des femmes et des minorités » au nom d’une vision « inégalitaire et restrictive de l’organisation sociale et des rapports entre les individus ».
À en croire le CESE, ces mouvements mobiliseraient plus d’un milliard de dollars sur le sol européen pour « renforcer leur présence, élargir et structurer des réseaux, développer des stratégies d’influence et accroître ainsi leur audience dans le débat public ». La France serait le deuxième pays de financement, sans que l’on en sache plus. Le CESE se fonde en réalité sur un rapport du Forum parlementaire européen, qui donne le chiffre de 165,7 millions de dollars pour la France – derrière la Hongrie (172,2 millions). Dans ce rapport, sont considérées comme « anti genre » des organisations comme la Fondation Jérôme-Lejeune, qui ont le malheur de promouvoir des valeurs catholiques sur des sujets comme l’avortement, l’euthanasie ou la GPA. Aucune n’a été nommée par les intervenants, mais une chose est sûre : elles représenteraient une menace pour les « institutions démocratiques » et se caractériseraient notamment par une « délégitimation de la recherche » (on imagine qu’il s’agit ici d’une référence aux théories du genre).
Ces mouvements ne concernent pas seulement l’Europe. Pour Delphine O, secrétaire générale de la 4ème Conférence des diplomaties féministes, le rejet des politiques dites progressistes s’observe partout à travers le monde, que ce soit aux États-Unis avec Trump ou en Argentine avec Milei. Selon elle, la victoire électorale des mouvements « anti-genre » dans les démocraties libérales serait l’aboutissement d’une « stratégie anticipée, organisée, financée mise en place depuis les années 80 et 90, depuis l’Amérique du Nord » par « l’internationale réactionnaire ». Un discours à la limite du complotisme, qui est surtout révélateur de la chose suivante : cette séance publique n’est pas tant portée sur les droits des femmes (lesquels sont, au passage, largement acquis en Occident puisqu’il n’existe aucun obstacle juridique à la participation de celles-ci dans la vie économique ou politique). Elle montre avant tout une gauche occidentale terrorisée à l’idée de perdre les élections en Europe.
Qu’est-il ressorti de cette séance plénière ? La résolution a été adoptée. À quoi va-t-elle servir ? On se le demande ; le CESE, institution consultative, n’a quasiment aucun impact sur l’action publique. Fort heureusement, nos sénateurs ont décidé de réduire son budget de de 15 % dans le PLF 2026 (lequel s’élève tout de même à 34,1 millions d’euros). Des rémunérations de 2 500 € nets par mois pour un régime horaire qui ne respecte pas le cadre légal ; un régime d’absences et un régime indemnitaire généreux… La Cour des comptes avait montré toutes les irrégularités dans l’organisation du CESE. Voici une raison supplémentaire d’abolir purement et simplement ce comité Théodule.
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